18 octobre 2021
Critiques

Chacun chez soi : Du réchauffé

Par Jérémy Joly

En 2018, l’actrice Michèle Laroque passe pour la première fois à la réalisation avec "Brillantissime " Grâce à un financement participatif réunissant 2000 donateurs et récoltant 400 000 euros, ce premier film a vu le jour. Mais, contrairement à ce que le titre promettait, ce long-métrage manquait beaucoup d’éclat. "Brillantissime" fut un échec critique et commercial, bien qu’un peu plus de 600 000 spectateurs se soient déplacés dans les salles obscures à l'époque. Cependant, lors de la première diffusion télévisuelle, le film se plaçait en deuxième position des audiences. Ce premier essai au résultat mitigé n’empêcha donc pas Michèle Laroque de récidiver. Elle revient donc au cinéma en mettant en scène "Chacun chez soi".

Anna et Thomas, un jeune couple, doivent libérer leur appartement rapidement. Face à cette situation, ils n’ont pas d’autres choix que de s’installer chez Catherine et Yann, les parents d’Anna. Cette cohabitation se dégrade rapidement, car tout oppose ces deux couples… En lisant ce résumé, vous ressentez peut-être une impression de déjà vu ? C’est normal, « Chacun chez soi » reprend un sujet exploité de nombreuses fois dans le cinéma.

 

Un sujet surexploité
Depuis quelques années, par manque d’inspiration, la comédie française se contente de reprendre les bases comiques des succès populaires. "Tanguy" d’Étienne Chatillez, dans lequel un couple cinquantenaire ne parvient pas à faire partir son fils trentenaire de la maison familiale, n’y a pas échappé. Nous avons eu droit à plusieurs versions désagréables de "Tanguy". Dans "Marie-Francine", le personnage de Valérie Lemercier, 50 ans, se retrouve obligé de retourner chez ses parents suite à une séparation et à un licenciement. Dans "Retour chez ma mère", suite à la perte de son emploi, Stéphanie, jouée par Alexandra Lamy, n’a pas d’autres choix que d’habiter à nouveau chez sa mère. Bien sûr, à chaque fois, la cohabitation se passe mal. Comme si cela ne suffisait pas, Étienne Chatillez réalise en 2019 une suite catastrophique de son chef-d’œuvre…

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Olivier Rosemberg, Stéphane De Groodt, Alice de Lencquesaing et Michèle Laroque.

"Chacun chez soi" n’a donc pas d’autre ambition que de surfer sur cette triste vague. Il suffit simplement de regarder l’affiche et la bande-annonce pour deviner quasiment l’intégralité du scénario. Le jeune couple ne met pas ses couverts dans le lave-vaisselle ni le linge sale dans le panier, les ébats sexuels sont trop bruyants. Cette cohabitation devient donc un enfer et la mère décide de pourrir leur séjour afin de les faire partir. Tous les coups sont permis et toutes les solutions pour y parvenir sont prévisibles. Il n’y a aucune originalité. "Chacun chez soi" peut faire sourire de temps en temps comme lors de cette scène chez le psy, joué par François Berléand, mais n’arrive pas à déclencher un rire.

Un scénario fade

Michèle Laroque ne surprend pas. Elle joue le même personnage depuis plusieurs années, c’est un de plus. Stéphane De Groodt est amusant dans ce rôle de père complètement lunaire, qui consacre une grande partie de son temps à entretenir ses multiples bonsaïs. Ses discussions ennuient tout le monde, surtout son épouse qui supporte de moins en moins la dégradation de son couple. Le personnage d’Anna est interprété par Alice de Lencquesaing, dont le jeu vient illuminer le long-métrage.

"Chacun chez soi" n’offre pas une expérience cinématographique stupéfiante par son scénario fade. Le prochain film de Michèle Laroque intitulé « Alors on danse » sortira en 2022. Si l’impatience vous guette, la suite de "Retour chez ma mère" qui sort bientôt au cinéma. Cette fois-ci, c’est l’histoire d’une mère qui s’installe chez sa fille. Original, non ?


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