Critiques

Chala, Une Enfance Cubaine : Critique

"Chala", c'est l'histoire d'un garçon de 12 ans, qui dévale les escaliers, qui vend des pigeons et élève des chiens de combat pour nourrir sa mère alcoolique et dépravée. "Chala", c'est l'histoire d'un garçon en manque d'amour qui cherche à se faire une place dans le monde. Bien connu de la police, c'est un voyou qui traîne dans les rues. Mais, avant tout, c'est un garçon qui a du cœur. Il fait tout pour sauver sa mère qui pourtant ne lui témoigne que peu d'affection, il est le seul à aller voir son institutrice rescapée d'une crise cardiaque à l'hôpital et il porte une réelle affection pour sa camarade de classe Yeni.

Chala est le protagoniste principal du film mais gravitent autour de lui beaucoup de personnages forts qui ont leur propre histoire. Il y a cette charismatique Carmela, l'institutrice âgée qui se bat jusqu'au bout pour aider ces enfants, allant parfois à l'encontre du protocole. Elle est l'incarnation de l'expression « une main de fer dans un gant de velours » car, sous couvert de fermeté envers ses élèves, c'est une dame au grand cœur qui leur consacre sa vie. Il y a aussi Yeni, cette enfant première de la classe, qui aime travailler, passionnée par le chant et le flamenco ; mais qui n'a normalement pas le droit d'aller à l'école car son père est de la province.

Il y a également cette jeune institutrice qui d'abord vient faire son travail en se détachant totalement de ses élèves puis qui pendra le flambeau de Carmela, après avoir compris l'importance de l'éducation et du soutien pour la construction de ces enfants, lâchés dans la jungle urbaine. Les acteurs emblématiques, des plus jeunes au plus âgés, incarnent avec justesse tous ces rôles marquants. L'actrice, Alina Rodriguez, qui incarne Carmela est malheureusement décédée peu de temps après le tournage.

En arrière plan d'une lutte quotidienne pour vivre, c'est une critique de la société cubaine qui ressurgit, fatiguée par une dictature qui traîne depuis de nombreuses années. Un pays en mal d'évolution où règne la misère, l'émigration et les injustices dues à une administration lourde et désuète.

Pas un seul instant le réalisateur ne tombe dans le mélo dramatique social, il préfère la lumière chaude de la Havane à la l'obscurité, la joie de vivre et l'énergie radieuse de ses acteurs à la désolation, les promesses et l'espoir de l'enfance face à la violence du monde adulte. Il signe avec "Chala" un film juste, parfaitement dosé et maîtrisé. Un film qui a marqué le Festival 2 Valenciennes puisqu'il y a reçu le Grand Prix, le Prix du Public et le Prix d'Interprétation Masculine pour le jeune Armando Valdés Freire.

Auteure :Lucile Tallon
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