Critiques

Churchill : Dans les yeux du vieux lion

A quelques jours du 72ème anniversaire du débarquement, "Churchill" nous replonge dans les moments les plus sombres de notre histoire. Non pas à travers les combats ensanglantés du débarquement, mais bien à travers les yeux du Prime Minister.

Jonathan Teplitzki délivre un portrait touchant et poignant du personnage de Winston Churchill, interprété avec précision par le vieux briscard Brian Cox. "Churchill" met en scène avec sobriété et élégance un Winston en pleins doutes à 48h de l'opération Overlord, la plus grande opération amphibie et militaire jamais menée dans l'histoire Humaine. 

D'emblée, le spectateur fait la connaissance du vieux lion au travers de ses souvenirs, qui le hantent depuis la Grande Guerre. Très durement affecté par le désastre de l'opération menée à Gallipoli en 1915, Churchill est bien décidé à ce qu'un drame ne se reproduise plus. Avec son caractère de mule, souvent mis en exergue par sa femme (et qui fera surement rire le spectateur), Winston Churchill va essayer par tous les moyens d'empêcher le lancement du débarquement, qu'il pense finir en désastre.

Dès les premiers instants, le spectateur est mis dans le vif du sujet : la rencontre entre Churchill et le reste du commandement des forces alliées dirigé par Eisenhower et Montgomery tourne à l'impasse. L'opération est planifiée mais Winston s'entête à s'y opposer…

Au travers des allés et retours entre le 10 downing street et la campagne anglaise où sont cachées les troupes alliés, nous sommes plongés dans l'intimité du vieil homme. Sa relation avec sa femme et première supportrice, Clementine, interprétée avec justesse par Miranda Richardson, son patriotisme et son attachement pour les jeunes soldats qui partent au front, mais surtout sa détermination sont dépeint de manière habile tout au long du film. 

Nous sommes face à un jeu de ping-pong incessant entre Churchill et le haut-commandement allié, où le premier cité va sans cesse vouloir exposer son plan et se faire une place parmi les acteurs de l'Opération Overlord. Mis à l'écart à plusieurs reprises, on comprend la peine et le désarroi du vieux lion de ne pas pouvoir participer à la (future) délivrance de l'Europe du joug Nazi, lui ce guerrier dans l'âme, et ancien meneur d'homme, doit alors être cantonné à l'arrière.

"Churchill" met alors en scène, une autre facette de l'homme politique sans pour autant oublier le côté symbolique du personnage pendant le second conflit mondial. C'est un symbole d'espoir et de lumière dans ce chaos et lui seul peut préserver le moral des britanniques dans ces heures chaotiques. Brian Cox retranscrit bien à l'écran l'importante qu'à Churchill pour le Royaume-Uni.

Alors bien sûr, "Churchill" peut nous faire grincer des dents, avec des scènes clichés et des dialogues plus ou moins prévisibles, mais le tout reste mené avec justesse et un casting fidèle aux personnages qu'ils incarnaient.

A un peu plus d'un mois de la sortie de "Dunkerque", "Churchill" nous replonge dans une autre facette de la Seconde Guerre mondiale. Et c'est un bon V de la victoire pour le film de Jonathan Teplitzki.
Auteur :Théo Palud
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