27 juillet 2021
Critiques

Cinquante Nuances plus sombres : La décharge disruptive de l’année

Sans surprise, "Cinquante nuances plus sombres" (distribué par Universal France) s'annonce comme le film le plus caliente de l'année voire du siècle. Sortez les mouchoirs.

Rappelez-vous de la fin de "Cinquante Nuances de Grey". Pour cela, rien de bien compliqué. Nous savons que ce chef-d'œuvre vous a marqué. Nous quittions donc la jeune et frêle Ana, choquée par la violence de Christian. Qui, clairement, a pris son pied à lui mettre la fessée. Faut dire que nous aussi, on aurait bien kiffé. Lui mettre la fessée ou la recevoir, on ne sait plus trop. Bref, on retrouve donc les deux joyeux lurons séparés. Pas pour longtemps, forcément. Ces deux là ont le sexe qui s'aimantent, ça dépasse toute loi physique. Sauf que ce bonheur parfait fait, tout logiquement, des jaloux. Entre l'ex soumise, prête à tout pour refaire ouaf-ouaf à quatre pattes et Mrs Robinson, prête à tout pour refaire ouaf-ouaf debout, Christian n'a pas chômé avec son passé. Sans oublier le patron d'Ana, légèrement frustré sur les bords, dont la subtile approche à la DSK lui vaudra les foudres du millionnaire. Ou milliardaire ? Le mec est tellement blindé qu'on ne sait plus trop. Et pour dire vrai, on s'en fout : il est riche et c'est tout ce qui nous importe.

Christian, gendre idéal

Soyons honnêtes, le beau Christian est le mec parfait et il le sait. Il sait exactement comment nous, détentrices de vagins, pensons et fonctionnons. Il sait comment nous acheter, avec une jolie voiture, un beau bateau et toute la nouvelle gamme de produits Apple. Oui Christian, aime moi, couvre moi de Macbook pro retina 15 pouces ! Romantique dans l'âme, sa possessivité est la plus profonde des marques d'amour. Qu'il nous prive de toute relation amicale avec un être propriétaire d'un pénis est la normalité même, n'en déplaise aux féministes poilues. Soyez honnêtes : si vous trouvez Christian trop macho, c'est juste que vous savez pertinemment qu'il est trop bien monté pour vous. Pourtant, ses prouesses au lit sauraient trouver le chemin pour, juste un peu, vous décoincer. Dieu du porno, l'homme maîtrise parfaitement le missionnaire. Aussi connue pour être une des positions les plus inventives et difficiles à exécuter. Alors, certes, il a ce besoin de martyriser des jeunes filles ressemblant vaguement à sa mère (pute camée dont on la jurerait morte d'ebola). Et ? C'est un homme bon avec une âme torturée, voilà tout. Les fans de Paul Verhoeven et de son "Elle" comprendront.

Sur la route des Oscars

A la rédaction, on ne s'emballe pas facilement. Et pourtant ! Nous n'avions pas vu de films à la portée aussi intense et lyrique depuis bien longtemps. On parle justement bien trop facilement de Paul Verhoeven et du jeu magistral d'Isabelle Huppert dans son dernier film. Force est de constater que la doyenne du cinéma a trouvé sa maîtresse (sans arrière-pensée) en la personne de Dakota Johnson. Qui emmène le cinéma de genre vers un tout autre niveau. Son alchimie avec Jamie Dornan est palpable et ne fait que renforcer un scénario déjà implacable. Quoique, sa complexité risque de perdre plus d'un spectateur en cours de route, voire de décourager une partie du grand public habituée aux nanars et aux comédies romantiques. Mais c'est un risque qu'ose prendre "Cinquante Nuances Plus Sombres". Par devant. Et par derrière. Bon, si c'est à la manière de Christian, ça sera surtout par devant, très certainement.

La rédaction du Quotidien du Cinéma s'engage à nier et rejeter toute responsabilité si vous avez été assez candide pour croire à une seule de ces conneries. Gardez vos sousous pour "Ghost In The Shell" avec Scarlett Johansson. Ou si vraiment vous avez huit euros à perdre, envoyez nous vos dons, on saura quoi en faire, promis !

Auteure :Mélissa ChevreuilTous nos contenus sur "Cinquante Nuances plus sombres" Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

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