22 juillet 2019
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Closer, entre adultes consentants : La critique

Entre amour et haine, il n'y a pas énormément de différence. Du moins c'est ce qu'a l'air de croire Mike Nichols. Pour plonger dans les affres de la passion, nous suivrons dans "Closer" deux couples que le destin a bien voulu entremêler.

D'un côté, Dan, petit rédacteur sans ambition à la rubrique nécrophilique d'un journal qui tombe dans la rue sur Alice, ex-strip teaseuse rescapée de New York. De l'autre, Anna, photographe de la souffrance des gens découvre en Larry le compagnon idéal. Une rencontre que provoquera Jude Law, au travers d'une cynique histoire de dialogue sur Internet.

Donc, une simple et banale histoire d'amour que le réalisateur décide cependant de raconter par le biais de différents épisodes bien spécifiques de la vie des couples, avec le personnage de Jude Law en fil rouge.

"Si on y réfléchit, on se souvient généralement très bien du début et de la fin de nos relations amoureuses, mais on a tendance à oublier ce qu'il y a eu entre les deux", explique le réalisateur Mike Nichols. "Entre adultes consentants" aborde aussi cela. Comment nous souvenons-nous réellement des choses et comment la vie nous apparaît-elle vraiment ?".

Résultat : avance rapide, retour arrière incessants dans la vie des personnages. La narration atteint une vitesse spectaculaire vers la fin du film, ou ruptures et émotions se succèdent à un rythme effroyable, sans s'attarder sur les moments de bonheur dans la vie des couples.

Ici, il s'agit plutôt de mettre à découvert les stratagèmes dont usent et abusent nos comparses. De mensonge en mensonge, de rendez-vous secrets en escapades nocturnes, ces drogués de la souffrance amoureuse ne peuvent pas s'asseoir dans la même pièce plus de deux minutes; ce qui a le mérite de nous tenir en haleine.

Au rayon des interprètes, on ne retiendra que Julia Roberts, Julia Roberts et Julia Roberts. Elle écrase les autres de sa présence et absorbe l'écran à chacune de ses scènes. Un des plus beaux rôles qu'elle ait tenue depuis "Erin Brockovich". Nichols fait virevolter une jolie palette d'acteurs autour d'elle, notamment Natalie Portman et Jude Law, dont la rencontre satinée est une subtile leçon de cinéma de la part du metteur en scène. 

Là où le bas blesse, c'est dans le "beau parler" amoureux. Toutes les dix secondes ou presque, on a le droit à un beau juron de la langue anglaise qui commence par la lettre F. Ainsi, Clive Owen lâche les reines sur Julia Roberts pour se répandre à travers des propos salaces et crus. Nichols accepte donc très volontiers la part de vulgarité sentimentale qui nous habite, mais, malheureusement, il en arrive à abuser de cette prise de conscience.

Un deuxième abus de ce curieux film est justement le fait qu'on en fasse un peu trop. Un peu trop de coupures, un peu trop de "mais bien sur que je t'aime", qui ne manquent pas de souligner le caractère convenu et l'aspect "cliché" de toute l'affaire.

Eh oui ! Toute cette histoire a une morale bien suffisante : Dan doit réaliser, avec ce parcours initiatique, qu'il ne suffit pas simplement d'aimer en amour - une morale qui, en définitive, aurait très bien pu se substituer a une autre. 

Une curieuse affaire en somme que ce "Closer". Mike Nichols a donc trouvé la recette du drame romantique à tiroirs.  

Auteur :Houmann ReissiTous nos contenus sur "Closer, entre adultes consentants" Toutes les critiques de "Houmann Reissi"

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