22 février 2019
Critiques

Colette : Un portrait sans éclat

Critique du film Colette

par Amandine Letourmy


Nouveau film, nouveau portrait de femme pour Wash Westmorland. Après "Still Alice", croquis d’une quinquagénaire sombrant progressivement dans les méandres d’Alzheimer (entraînant par la même occasion le spectateur dans le gouffre de la neurasthénie), le réalisateur plante cette fois-ci sa caméra dans le Paris suranné du début du XXème siècle. Il y croque "Colette", écrivaine française aux multiples facettes.

Sitôt mariée à Henry Gauthier-Villars, dit Willy, écrivain prolifique dont le secret réside dans l’emploi de nègres littéraires, Colette et ses longues tresses quitte sa Bourgogne natale pour la capitale. Son opportun mari lui fait découvrir les cercles artistiques et littéraires du tout Paris, et l’encourage à écrire, sous réserve qu’elle le laisse signer les romans de son nom.

Biopic retraçant la vie de celle qui fut entre-autres écrivaine, le cinéaste choisit de s’arrêter sur l’époque du succès littéraire des « Claudine », avec en toile de fond sa vie maritale parisienne. Récit d’émancipation, l’ensemble est somme toute un peu long. Le film surprend peu, ennuie surtout.

Malgré des couleurs chaudes et surannées propices à l’époque, le rythme est, lui, effréné. La caméra a une fâcheuse tendance à enchaîner les événements et à survoler les thèmes principaux. Quid du processus d’écriture, aspect pourtant central de la vie de Colette ?

Le sel de l’œuvre réside principalement en la complexité du personnage de Willy. Dominic West brille par son interprétation loin d’être manichéenne et vole la vedette à Keira Knightley, un brin trop scolaire.

Avec "Colette", Wash Westmorland pèche dans sa volonté d’exhaustivité. Tout n’est que succession événements sitôt passés, sitôt oubliés, fruit sans doute d’un scénario trop concentré.

En souhaitant faire de son film un récit de liberté, le réalisateur tend malheureusement à oublier qu’il faut parfois préférer la qualité à la quantité.

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