28 septembre 2021
Critiques

Conjuring 3 : Un filon qui s’épuise

Par Yann Vichery

Les célèbres démonologues Ed et Lorraine Warren sont de retour dans un nouvel opus de leurs fameux dossiers. Après avoir délogés une sorcière de la maison de la famille Perron lors de l’épisode 1 puis opérés lors de la plus fameuse histoire de poltergeist qui ai jamais été constaté ("Conjuring : Le cas Enfield"), dans ce troisième film, on découvre l’un des dossiers les plus difficile qu’aient eu à résoudre le couple.

"Conjuring 3" n’est pas réalisé par le petit génie James Wan (il en est simplement le producteur), mais par Michael Chaves ("auteur notamment de "La Malédiction de la Dame Blanche"). Il reprend ici un dossier inspiré du procès d’Arne Cheyenne Johnson, accusé du meurtre d’un homme mais présumé, lors de son procès, non responsable de son acte puisque possédé par une sorcière.

Passer après James Wan n’est pas simple doit se dire le réalisateur de cet opus, car il est vrai que les deux premiers films étaient d’une rare efficacité dans l’horreur, la tension et la façon qu’avait le réalisateur de titiller nos nerfs et la peur que l’on peut ressentir face à l’irrationnel et l’inexplicable.

"Conjuring 3" démarre plutôt fort par une scène, certes classique, d’exorcisme, mais vraiment bien menée, avec toute la tension et les images-choc que peut (doit) contenir tout bonne scène à sensation. Pourtant, au fur et à mesure de la progression du film, l’intrigue se délite, se gâte un peu. Le metteur en scène perd ce qui aurait pu faire de "Conjuring 3" une réussite.

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Vera Farmiga et Patrick Wilson - Copyright Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Ben Rothstein

Cela dit le postulat de base de "Conjuring 3" était intéressant (d’autant plus qu’il est vrai) : comment prouver face à la justice qu’un homme ne peut être tenu pour responsable de son crime alors qu’il se trouvait, selon les époux Warren, en état de possession démoniaque au moment des faits ? On aurait aimé que le film insiste plus sur le procès, l’analyse de la situation de l’accusé et la réflexion du juge pour accéder à la décision finale. Rien de tout cela n’est évoqué...

Au contraire, le réalisateur s’avance vers le combat entre les Warren, Arne et une sorcière ancestrale. Les époux Warren ont d’ailleurs forts à faire face à cette sorcière et les séquences d’affrontement, même si elles sont loin d’être ridicules dans la trilogie "Conjuring", perdent en intensité. Force est de constater qu’on « sursaute » moins. On est peu malmené dans cet affrontement et on oublie vite ce qu’on a vu après la séance. Il y a finalement un côté assez prévisible dans l’avancée du combat du bien contre le mal.

Ce qu’on peut appeler la série "Conjuring", qui copprend déjà 8 films (3 volets de "Conjuring", 3 volets de "Annabelle", 1 de "La Nonne" plus "La Malédiction de la Dame Blanche") et qui doit encore se développer semble s’épuiser sur la longueur. C’était à prévoir et il va falloir une sacré dose de talent pour redonner un coup d’électrochoc au public ce dont Michael Chaves ne semble pas capable en l'état...

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