25 janvier 2021
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Contagion : La critique

Qu'il était attendu ce "Contagion", nouveau film du talentueux Steven Soderbergh. Quelques mois auparavant, la blogosphère spéculait sur le casting de ce futur film catastrophe. Aujourd'hui, alors que le film sort à peine en France, les premiers constats sont là : "Contagion" est un semi-échec pour Soderbergh.

Avec des allures de blockbuster et un budget avoisinant les 70 millions (il n'est donc pas par définition un authentique blockbuster), "Contagion" est le deuxième plus gros budget de la filmographie de Soderbergh. Jusqu'ici tout va bien. Sauf que lorsque le film sort aux Etats-Unis, son principal terrain de chasse, il fait un score un peu inattendu. Au bout de trois semaines, le film n'est pas rentabilisé. Et Soderbergh sait déjà que son long métrage ne restera pas dans les annales du box-office américain. En fin de course, il dépasse à peine les 70 millions de billets verts. Un score qui fait pâle figure face aux 200 millions de recettes de "Traffic", qui avait déjà coûté bien moins cher ! Soit, mais tout ceci n'est qu'une question de chiffre, et un chef-d'œuvre au cinéma, ce n'est pas forcément des millions de dollars en termes de recette. 
 
Aussi soit-il talentueux, Steven Soderbergh est loin d'être le premier à avoir exploité la thématique de la pandémie prête à ravager la planète. Wolfgang Petersen en 1994 avec "Alerte !" ou encore "Je suis une légende" de Francis Lawrence en 2007, qui ont connu tous deux un succès public conséquent. N'oublions pas non plus les films de genre qui ne sont pas en reste et donnent une toute autre dimension à la pandémie, que ce soit "28 jours plus tard", de Danny Boyle ou "Les Infectés", d'Alex Pastor. Avec "Contagion", Soderbergh a voulu prendre la tension du film d'horreur, tout en le mixant à la pression politique et géopolitique que pourrait poser ce problème, réunissant également l'échelle globale à celle strictement personnelle et plus intime.

"Contagion" joue la carte de la paranoïa en filmant en plans serrés les zones de contacts de transmission d'un virus. Du métro à la poignée de main en passant par les toux ou encore les objets touchés par des contaminés, tout y passe, tous les éléments sont compressés afin de faire tomber le spectateur dans une sensation de stress et d'inconnu face à la dangerosité du phénomène. Sauf que "Contagion" arrive par exemple, après la crise de la grippe H1N1 et tous les débats que ce virus a suscité à l'échelle nationale, voire internationale. Autant dire que l'argument paranoïaque fonctionne moins bien.
 
Enfin avec "Contagion", Soderbergh a voulu se détourner des poncifs du film catastrophe à l'américaine. Il ne l'évite pas franchement, mais arrive par la subtilité de son propos à détourner notre attention vers d'autres points plus positifs. Prenons par exemple le cas d'Alan Krumwiede, un blogueur influent, qui représente le poids du 2.0 et joue la carte de la vérité face aux mensonges du gouvernement. Il incarne la liberté d'expression et le poids communicatif des réseaux sociaux et des blogs, et de leurs rôles dans ce genre d'événement à l'échelle mondiale. Ce personnage (joué par Jude Law) retient donc l'attention, car il est quelque peu nouveau dans ce genre de film où d'habitude il serait passé pour anecdotique. En revanche, il est à l'image du film, crédible dans ses renseignements, mais très bavard aussi.

Auteur :Christopher Ramoné
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