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Copacabana : Il donne le sourire

« Maman, je ne veux pas que tu viennes à mon mariage. Je ne veux pas que tu me fasses honte. » Voilà, en substance, les mots, durs, d'Esméralda à Babou. Un coup dur pour la mère qui a toujours voulu que sa fille soit heureuse - normal - mais surtout qu'elle adopte sa fantaisie et son envie de vivre. C'est que Babou ne colle pas vraiment à l'image qu'on se fait d'une mère « classique ». Elle a élevé seule sa fille, sur les routes et dans la fête. Son principe ? Se faire plaisir et profiter de la vie, des petites choses. Elle, elle rêve de Copacabana. Des plages brésiliennes, du soleil et des couleurs. Pas forcément son horizon puisqu'elle galère de petit boulot en petit boulot à Tourcoing.

La géographie, ce n'est visiblement pas le fort de l'actrice qui, dans le "Copacabana" de Marc Fitoussi, rêve des plages brésiliennes et se retrouve à Tourcoing et Ostende... La décision de sa fille, son envie d'entrer dans une vie plus conforme aux normes vont lui donner envie de changer... Un peu. Au moins de trouver un emploi stable pour pouvoir participer aux frais du mariage. Et c'est à Ostende qu'elle va s'échouer. Pour vendre des appartements en time-share dans une résidence encore en construction. Un défi pour Babou qui doit trouver un moyen de se plier aux règles tout en gardant sa fantaisie, de travailler en compétition avec les autres alors qu'elle déteste ça. Entre orgueil et bon coeur, elle va finalement trouver le moyen de se réconcilier avec sa fille...

C'est le lot de tous les enfants : parfois, leurs parents leur « foutent la honte ». Babou, dans sa fantaisie, a tendance à briser bon nombre de conventions d'un pas de danse ou d'un haussement d'épaules. Et pourtant, elle est touchante. Sa fille aussi, qui ne demande qu'à l'aimer... Et que dire alors de la relation entre mère et fille ? Marc Fitoussi a voulu mêler le vrai et le faux, en demandant à Isabelle Huppert d'interpréter Babou et à Lolita Chammah, sa fille, Esméralda. Et s'il faut un temps pour accepter qu'Huppert soit une maman fantaisiste et en couleur, le reste marche parfaitement. D'Aure Atika en patronne acariâtre au doux rêveur Jurgen Delnaet, confondant de bonhomie - déjà repéré dans l'excellent Moscou, Belgium - en passant par Luis Rego en bon copain un brin amoureux.

Certes, on aurait aimé un peu plus d'audace dans la mise en scène et un rythme un peu plus soutenu. On aurait apprécié moins de stéréotypes dans certains personnages, des SDF aux compétiteurs de Babou. Mais on ne boudera pas pour autant notre plaisir de retrouver de bons acteurs dans un "Copacabana" qui donne le sourire, coûte que coûte.

Auteure :Fadette Drouard
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