19 octobre 2019
Critiques

Crawl : La critique du film

Critique du film Crawl

par Alexa Bouhelier-Ruelle

Voici "Crawl", la nouvelle collaboration entre le producteur Sam Raimi et le réalisateur Alexandre Aja.

Tout comme "Piranha 3D" avant lui, ce nouveau long-métrage signé Aja pourrait bel et bien mettre mal à l’aise plus d’un cinéphile cet été. Néanmoins, en comparaison avec le précédent opus cité, "Crawl" se la joue un peu plus classique en apparence.

Attention ! Ne vous méprenez pas ! Ce nouveau film ne se prend pas plus au sérieux que son prédécesseur (la dernière phrase de dialogue prononcée par Kaya Scodelario, insultant un des sauriens de « fils de p*** », l'illustre bien). Seulement, c'est peut-être avec cette ultime scène que vous pourrez probablement deviner le ton de l'ensemble.

Aussi, "Crawl" mérite d’être vu en tant que film de genre à part entière. Et, malheureusement, "Crawl" risque de passer plutôt inaperçu au milieu des blockbusters de l’été. Ce qui serait bien regrettable.

En effet, malgré le ridicule apparent de son postulat initial, “Crawl” est un film de genre très efficace, qui tient le spectateur en haleine du début à la fin. Une fois encore, Alexandre Aja fait montre de tout son talent de réalisateur et instille une tension constante.

"Crawl" se veut bien plus que le traitement simplifié d'un canevas limité : celui d’une jeune fille essayant de sauver son père des mâchoires acérées d’alligators affamés.

Une des scènes importantes l'illustre : elle débute lors d’une compétition de natation, la caméra survole doucement le bassin accompagné d’un bruit sourd. Notre personnage principal, Haley, s’apprête à plonger. Elle se concentre. Haley est une nageuse exceptionnelle, mais elle perd encore une fois.

On s’attend à un regard de désespoir dans ses yeux, mais ils sont tout simplement vides. Elle perd encore et encore à cause du poids de son passé familial et de sa relation avec son père. Un poids qu’elle leste à ses chevilles lors de ses compétitions de natation.


Et alors que le film évolue, on comprend progressivement pourquoi son personnage a besoin de sauver son père. C’est ce qui forme l’arc émotionnel majeur de "Crawl" : survivre face à cette épouvantable menace est en fait un moyen d’abattre ses barrières mentales que la jeune femme s’est construite. C’est aussi pourquoi on veut qu’elle y parvienne, et voilà pourquoi on la soutient. A ce titre, le scénario écrit par Michael et Shawn Rasmussen est très bien construit.

Toutefois, c’est la réalisation d’Alexandre Aja qui fait toute la différence à l’écran. Aja comprend parfaitement l’importance de s’attarder sur un personnage, même lors de scènes où la menace extérieure vient se mettre en travers du chemin, ici les alligators. De plus, Kaya Scodelario est excellente dans la peau d’Haley. Elle possède le physique adéquat pour le rôle, mais elle a aussi le charisme et l’émotion qui font que l’on veut qu’elle réussisse à survivre.

"Crawl" atteint rapidement son paroxysme lors de la première partie, qui se passe au niveau des fondations de la maison. Des fondations qui se remplissent peu à peu d’eau. Ajoutez à cela non pas un, ni deux, mais trois alligators et vous trouverez un film de genre remplissant son contrat.

Ainsi, après avoir semé les premiers alligators, notre héroïne se retrouve confrontée à un égout envahi d’œufs d’alligators, puis une maison submergée à son tour avec, au programme, un cache-cache mortel dans la cuisine, dans la salle de bain, etc. jusqu'au toit de cette même maison. Chaque scène est plus folle que la précédente, mais c’est aussi cela qui fait l’efficacité du film.

En définitive, le spectateur sursaute de peur en permanence. Mais "Crawl" vous permet quand même de lâcher un petit soupir de soulagement lorsque qu’Haley (ou son chien pour ma part) réussit à semer un des monstres.

Ainsi, Alexandre Aja a-t-il réussi l’impossible en transformant un film estival en un vrai film de genre, avec un suspense à couper le souffle !

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