1 décembre 2021
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Daredevil : Dans le brouillard

Après Superman, Batman, les X-Men et Spider-man, voici le nouveau super héros U.S. : "Daredevil". Il s'apprête à sauver le monde en nettoyant cette société ultra violente de toute trace d'impureté. Seulement, comme souvent, le super héros est un être fragile qui a subi un trauma très perturbant, qui se confronte à une tâche pas forcément facile à assumer (battre les méchants, n'est-ce pas George W. ?) et qui du coup est en proie à des questions métaphysiques pesantes du genre : « Suis-je un méchant moi aussi ? Non, je suis un gentil ». 

Alors, qu'est-ce qui fait que l'on soit sceptique devant "Daredevil" ? Devant cet homme qui possède ce « courage de diable », Devil étant un hommage au paternel, boxeur intègre et louche à la fois, modèle ambigu pour le jeune Matt Murdock, et sauvagement assassiné devant ce fils devenu infirme ? Pourquoi Matt, même s'il a hérité de dons sensoriels hors du commun, se met-il à faire des bonds de 50 mètres de hauteur ? Pourquoi porter un costume de cuir bordeaux qui arbore ses initiales vengeresses ? Est-ce par quelque attrait sadomasochiste qu'on veut subtilement nous divulguer ? Est-ce pour plaire à la malheureuse héroïne / amante qui, non contente de combattre dans une tenue similaire, nous dévoile en partie une poitrine généreuse (Aah ! Jennifer Garner, alias "Alias") ? Pourquoi enfin Matt / Daredevil s'obstine-t-il à cacher seulement ses yeux quand le bas de son visage le démasque ma foi assez facilement (Aah ! la mâchoire de Ben Affleck, gendre idéal américain certifié…) ?

Alors que les puristes, grands fans des comics américaines, s'approchent un briquet à la main de l'ordinateur pour brûler ce papier virtuel (un simple clic serait plus judicieux), je me permets de jeter de l'eau bénite sur le feu sacré de la provocation en avouant que cette institution culturelle que représente les comics américaines (ces fameuses bandes dessinées lues à travers le monde) est généralement plus riche et complexe qu'il n'y paraît – en tout cas aux yeux des amateurs ; pour les autres : … 

Il n'empêche, à côté de "Daredevil", le "Spider-Man" de Tobey Maguire, qui avait au moins su mettre en valeur la richesse du personnage, fait office de chef d'œuvre. C'est dire. Le scénario de "Daredevil" est affligeant, la réalisation parfois épileptique et insupportable, les personnages absolument sans surprise et les dialogues aussi creux qu'un puits de pétrole vidé de son or noir. Et si ces cow-boys des années 50 nappés de cuir, ces Zorros mal masqués de bal (pas si) masqué – je veux parler du bal des vampires – arrêtaient de penser qu'un seul homme peut changer la face du monde ? Et si le salut ne venait pas d'un surhomme, d'un Christ salvateur et mystique aux habits vert$, mais de millions de mini-héros ? Parce que franchement, à la vue de "Daredevil", on se dit qu'il n'y a pas que le héros qui soit plongé dans les ténèbres. 

Auteur :Alessandro Di Giuseppe
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