15 décembre 2019
Critiques

Deadpool : Le changement, c’est maintenant !

D'un côté du projet, un rescapé du royaume des ringards. Survivant du naufrage "Green Lantern", Ryan Reynolds revient littéralement d'entre les morts du cinéma dit bankable. Difficile de tomber sous le charme et le talent de l'acteur au regard bovin qui ne semblait définitivement plus pouvoir compter sur autre chose que ses pectoraux.

De l'autre, le plus mal aimé/méconnu des superhéros du cinéma, pourtant idolâtré sur la toile et par tout bon geek : "Deadpool". Sa maigre apparition dans un des (très) mauvais spin-off de la franchise, "X-Men, Wolverine Origins", suffira à affoler les fans. Le tremplin était tout trouvé pour son personnage à part, anti-héros, certes, rarement chic mais clairement de choc.

"Deadpool" est un film et un personnage à part dans l'univers manichéen des héros en collants. Trash, injurieux, irrévérencieux… "Deadpool" surpasse et surclasse, au point de presque les ringardiser, des personnages pourtant jugés « ultra badass » comme Tony Stark ou Wolverine. Normal.

Deadpool n'est pas un gentil Spiderman ou autre justicier. Il vit pour sa justice, sa loi, sa vengeance. Quitte à conseiller à un brave taxi driver d'origine indienne (merci du cliché) de « supprimer » son rival amoureux. Rien que ça !

Machine à gags et punchlines à en vomir, le débit de l'immortel défiguré ne ralentit jamais, au point parfois d'en dégouter le spectateur. Si celles-ci sont rarement du meilleur goût (jamais pour dire vrai), elles ont le mérite de bouleverser un univers bien trop sage. De la branlette, de la poudre magique, des roubignoles et des boobies. Le tout dans un film Marvel, sans filtre ou concession. Du jamais vu !

Car la grande force du projet demeure la fidélité au comic d'origine. Dans la bande dessinée comme au cinéma, Deadpool a parfaitement conscience de n'être qu'un personnage enfermé dans des cases, voilà pourquoi le quatrième mur est aussi souvent franchi pour ne pas dire abattu.

Cette connivence est presque forcée avec le spectateur qui à l'instar de ses répliques pleines de poésie tombent bien vite dans une certaine redondance. Même si l'effet reste très sympathique en début de film.

L'alternance histoire/flashbacks est elle aussi tirée de la BD et ne gâche en rien la rythmique du film qui, hélas, suit le plus classiques des schémas narratifs. Le combat final, gentil versus méchant, est bien évidemment voulu car explicitement ironisé mais il est tout de même regrettable de voir qu'un personnage se foutant allègrement de l'univers dans lequel il baigne ne brise pas encore d'avantage les codes. Tant qu'à faire.

Enfin, quel plaisir de voir un tel concentré de références à la pop culture. SI l'effet « fan service »se fait rapidement ressentir, toute personne connecté ou de la génération « milléniale » ne sera pas en reste. De Liam Neeson au groupe Wham, tout le monde en prend pour son grade. Même si, forcément, ce sont ses congénères mutants qui prennent le plus de coup.

La plus amusante des répliques restant sous doute « Votre professeur Xavier, c'est McAvoy ou Stewart ? On s'y perd un peu dans votre chronologie ». Le branleur en rouge n'a pas totalement tort.

Si cette double reconnaissance (du film et de l'univers) est souvent conduite dangereusement, elle pointe le doigt sur la plus grande des faiblesses du plus marketing des projets, marvel cinematic universe. Qui n'est autre que l'absence de liens d'un film à autre. Le meilleur exemple à ce jour est sans aucun doute "Thor 2", où ce brave Chris Hemsworth doit sauver notre belle planète bleue à lui tout seul. Où diable sont-passés les "Avengers" ?

Trop de parodie tue la parodie. Avec "Deadpool", on flirte dangereusement avec l'overdose. Si la limite n'est que frôlée, que cela ne tienne. "Deadpool", claque fulgurante, ne plaira pas à la masse intellectuelle. Et c'est tant mieux.

Enfin un film de super-héros qui, conscient de ses propres limites, ne nous propose qu'une seule et unique mission le plus sincèrement du monde : nous divertir. Et le pari est réussi !

Auteur :Mélissa Chevreuil
Tous nos contenus sur "Deadpool" Toutes les critiques de "Mélissa Chevreuil"

ça peut vous interesser

Frankenstein Junior : La folle histoire du monstre

Rédaction

Midway : Touché coulé

Rédaction

Midway : Bataille navale de Roland Emmerich

Rédaction