25 janvier 2022
Archives Critiques

Décalage horaire : Pas une grande comédie !

Nous avions bien digéré La Bûche, dessert que nous avait servi Danièle Thompson, la réalisatrice de Décalage Horaire, alors entourée d'une multitude de comédiens tous épatants. Cette fois-ci, pour le plat de résistance, Thompson nous fait goûter à un duo, assez inattendu d'ailleurs, puisque Jean Réno a l'honneur de retrouver Juliette Binoche, chose rare, dans une comédie.

Si le plat reste assez fade, les éléments de luxe qui le composent sont assez relevés pour l'épicer et lui donner une âme. Le choix de Jean Réno, grand acteur au demeurant, peut toutefois surprendre quand on sait que Décalage Horaire est une comédie romantique et que Réno a plus l'air d'un chien errant mal toiletté aux yeux tombants qu'à un prince charmant. Passons, car le tandem fonctionne tout de même à merveille.

Grâce surtout à la magnifique Juliette (quelque peu empouffiassée dans le film) qui se fait une joie de jouer dans un registre qu'elle apprécie tant, qui de plus lui sied à merveille et qui pourtant l'a longuement fuie : la comédie. Naturellement enjouée, Binoche fait mouche et affiche un talent inné pour la comédie, ne rechignant pas à se montrer ridicule tout en restant émouvante dans d'autres scènes.

Passées ces louanges, on ne peut pas dire que Décalage Horaire soit une grande comédie romantique, digne de ses sœurs anglo-saxonnes (Danièle Thompson l'avait d'ailleurs d'abord proposée outre-atlantique, où on la jugea trop frenchie). Le choix curieux de mettre en musique le tiers du film donne la sensation d'un immense clip entrecoupé de dialogues. Soit. La réalisatrice a peut-être révolutionné la comédie romantique (j'en doute).

Mais restons modestes et apprécions la valeur d'un film qui deviendra culte lorsque vous saurez que votre humble serviteur fait une apparition (éclair) dans Décalage Horaire, dans une scène tournée l'aéroport de Lesquin. Si vous voyez au début du film Juliette Binoche et Sergi Lopez se parler autour d'une table, alors savourez le plan : la personne qui les éclipse le temps d'une micro-seconde, c'est moi ! Malheureusement, les cadreurs m'ont décapité... C'est la dure loi du cinéma !
Auteur :Alessandro Di Giuseppe
Tous nos contenus sur "Décalage horaire" Toutes les critiques de "Alessandro Di Giuseppe"