25 juillet 2021
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Décalage horaire : Rien d’innovant !

Et si il existait des comédies romantiques "à la française" ? Un pari étrange et original que fait Danièle Thompson dans Décalage horaire, son nouveau film après La bûche. Cette fois, pas de "choralité" si à la mode en ce moment, mais deux solitudes : celle de Rose, esthéticienne perdue et un peu naïve qui vient de quitter l'homme qu'elle aimait à cause de son comportement violent, et celle de Félix, grand cuisinier français expatrié aux Etats-Unis, qui passe son temps dans les avions pour vendre ses produits. Une grande grève (à force d'être si courantes, elles devaient bien finir par servir de ressort scénaristique…) les réunit dans un aéroport et, de petits déboires en gentils coups de main, Félix et Rose vont apprendre à se connaître… avant de reprendre la route chacun vers sa destination première.

Pas de mystère, on se doute bien au début du film que ces deux-là, en dépit de tout ce qui les oppose, finiront bien par se trouver. La main du destin et de la scénariste-réalisatrice y veille et multiplie petits évènements et rencontres fortuites pour pousser Rose et Félix à se croiser. Danièle Thompson continue à travailler dans les failles.

Se faufilant dans les fêlures de ces deux âmes perdues, elles étirent leur mensonge et leurs contradictions jusqu'à faire éclater les masques qui les protègent et les recouvrent. Juliette Binoche se prête au jeu pour incarner une Rose assez étonnante, mais le plus gros travail vient sans doute de Jean Réno qui se révèle là fragile et touchant comme jamais à des années lumières de ses habituels rôles plus musclés.

Danièle Thompson, d'ordinaire plus perçante se contente de filmer tout cela de manière très plate, malgré les possibilités offertes par le vaste monde des aérogares. Le tout reste certes bien ficelé et efficace mais en aucun cas novateur ou pertinent.

Auteur :Guillaume Branquart
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