Critiques

Dernier amour : Je t’aime moi non plus

La critique du film Dernier amour

Par Alexa Bouhelier Ruelle



Pour sa cinquième collaboration avec Vincent Lindon, Benoit Jacquot lui offre le rôle de Giacomo Casanova.

Dans "Dernier Amour", le réalisateur part à la découverte d’une autre facette de la personnalité du célèbre séducteur. Jacquot a choisi de se concentrer sur une période bien précise de la vie de Casanova : celle de son exil à Londres.

Inspiré de ses mémoires Histoire de ma Vie, le film raconte comment Casanova rencontre dans la ville Londonienne une jeune femme, La Charpillon. Son attirance pour celle-ci, volatile à souhait, évolue, alors que, de son côté, La Charpillon résiste aux charmes de Casanova. D’où le titre "Dernier Amour".

Le film dépeint donc la première et peut être la dernière fois que le séducteur a « aimé » une femme. Une situation paradoxale dans une relation impossible, où la passion s'accroît de scène en scène, dans un jeu de chat et de la souris dans le cadre duquel les deux protagonistes usent chacun de leur charmes.

Benoit Jacquot revient avec une autre reconstitution historique et fait le choix de mettre en avant l’intime dans sa mise en scène et non le spectaculaire lié à l’esthétique historique. Cette histoire est racontée de l’intérieur. La description des espaces est parfaite, avec quelques fois un aspect presque pictural. Chaque personnage est mis en avant et trouve sa place au milieu de cet environnement.

Avec Casanova en fin de vie, "Dernier Amour" s'appuie sur une structure narrative classique. Le film fonctionne entièrement tel un flashback. Toutefois, il parvient à ne pas tomber dans le cliché facile des reconstitutions incomplètes. Des recherches approfondies ont été faites et cela se sent.



Les personnages existent dans un contexte bien réel. C'est dans cet environnent que les principaux protagonistes prennent vie et s’aiment en toute liberté. Tout est pensé pour plonger le spectateur contemporain dans un univers d’époque, sans le perdre avec des dialogues trop lourds et pompeux.

Les rôles miroirs sont réellement le cœur du film. Vincent Lindon incarne Giacomo Casanova et est accompagné de Stacy Martin en La Charpillon. Cela pourrait paraître bizarre comme choix de casting au premier abord. Pourtant, il fonctionne !

Vincent Lindon apporte une justesse au rôle de Casanova. Malgré des traits si durs d'apparence, Lindon apporte une certaine fragilité et sensibilité au personnage. Ce virage se traduit aussi dans la vie de son personnage. De plus, en Stacy Martin, il trouve une alchimie immédiate à l’écran.

Stacy Martin est continuellement dans une zone grise, entre l’innocence de la jeunesse et la manipulation d’une femme mature. Toujours en nuance, sa performance et ses actions, au fur et à mesure du film, accentuent le mystère autour de ses sentiments pour Casanova.

Avec cette histoire d’amour, si l’on peut qualifier cette relation comme cela, Benoit Jacquot construit un film simple et efficace. Avec une mise en scène intime et épurée, qui livre un récit réaliste, les acteurs y délivrent des performances flamboyantes.

Auteure : Alexa Bouhelier Ruelle


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