16 janvier 2021
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Des Vents Contraires : Gracieux et touchant.

Pour son nouveau film en tant que réalisateur Jalil Lespert signe l'adaptation d'un roman d'Olivier Adam, Des vents contraires. L'histoire de la reconstruction d'un homme, sensible.
 
C'est donc une histoire de renaissance et de famille que s'attache à conter Jalil Lespert, avec une sensibilité dont on lui sait gré, sans avoir finalement besoin d'expliquer le moindre regard, le moindre geste, le moindre mot. Sa réalisation est fine, s'attache aux pas d'un Benoît Magimel qu'elle sublime. L'acteur a toujours été « physique », il a souvent été mal utilisé pour cette même raison. Dans ce rôle de Paul, il s'impose donc physiquement à l'écran, pour mieux exposer des fêlures invisibles. Imparable.
 
Mais au-delà de ce casting de « principal », Jalil Lespert fait aussi confiance à deux acteurs qui créent la surprise. On avait oublié leur talent, perdu dans des téléfilms et des mauvaises comédies. Le premier, c'est Antoine Duléry. En frère aimant, mais loser, du héros, il crée un personnage de lâche admirable, et c'est loin d'être simple. En ami de passage, perdu lui aussi, mais touchant, il met en scène un Ramzy Bedia qu'on avait rarement vu aussi bon. Le reste du casting est à l'aulne de ces acteurs, sensible et discret, pour mieux brûler la pellicule, d'Isabelle Carré à une apparition subtile d'Audrey Tautou.
 
Joliment interprété, le film est donc gracieux, léger et s'en fait nettement plus touchant que tous les tire larmes qu'on a déjà pu voir à l'écran. Une belle réussite.
Auteur :Fadette Drouard
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