20 octobre 2020
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Destination Finale 3 : Inutile !

Les histoires les plus courtes seraient-elles les meilleures ? C'est le constat auquel nous arrivons inévitablement à la fin de "Destination Finale 3" (distribué par Metropolitan Films). Souvenons-nous du premier épisode comme d'une bonne petite surprise reprenant la plupart des principes du « Slasher-movie » pour les adapter avec une réelle originalité. Souvenons-nous surtout du second volet, dont la réussite reste une véritable énigme cinématographique. En effet, pour une fois, des scénaristes hollywoodiens avaient compris les raisons d'un succès et les avaient ré-exploités plus efficacement encore pour nous donner une des meilleures séries B de ces dernières années, sans aucun doute l'une des plus jubilatoires.

Malheureusement, "Destination Finale 3", et toutes les autres suites qui ne manqueront certainement pas de suivre, risquent désormais de n'être que des successions d'échecs puisque, logiquement, le filon se tarit. En effet, le principal problème auquel ont dût se retrouver confronté les scénaristes du film était de se demander comment faire encore plus sanglant, encore plus vicieux (vous n'aurez qu'à voir à quoi pourront ressembler "Saw 6" et "Hostel 16" pour le comprendre). Et bien en tout cas pas comme ça, car là où la sanglante originalité des deux premier opus relevait d'une forme de jouissance perverse, cette fois-ci il n'y a pas grand-chose de nouveau sous le soleil. On pourrait même dire que c'est nettement moins sadique et donc nettement moins jubilatoire que le précédent (mon dieu, serions-nous devenus des vicieux?). Souvenez-vous de la mémorable et complètement déjantée scène du carambolage.

Ici, l'accident de grand huit, idée qui aurait pourtant pu s'avérer particulièrement réjouissante, fait non seulement l'effet d'un gros pétard mouillé mais est également souvent très mal filmée. Soyons clair, on ne comprend pas souvent ce qui se passe dans un bon nombre de scène, la caméra ne trouvant jamais la bonne distance. Toutefois, quand bien même le film serait parvenu à relever le défi de la surenchère, aurait-ce été pour autant un film réussi ? Probablement pas puisque la réussite d'un film de ce style ne réside simplement dans le sadisme de l'imagination du scénariste (voir la médiocrité d'"Hostel"), mais aussi et surtout dans une réelle originalité scénaristique. Cela avait été le cas des deux premiers films mais ça ne saurait se reproduire à l'infini.

Cependant, le principal reproche que l'on peut adresser au film est incontestablement d'avoir fait l'erreur de vouloir se prendre au sérieux alors que la plus grande qualité du second épisode était justement un détachement, un second degré que nous n'avions plus vu au cinéma depuis le "Starship Troopers" de Verhoeven. James Wong, réalisateur du premier qui revient aux commandes après avoir délégué le second, essaye de nous faire croire qu'il peut y avoir de véritables enjeux dramatiques dans son film ce qu'évidemment vous risquez d'avoir quelques difficultés à gober.

Il serait sans nul doute exagéré d'affirmer que l'on s'ennuie devant cette "Destination Finale 3" mais force est de constater que le miracle (OK, j'admets que le terme est un peu fort) des deux premier films n'opère plus et qu'il va désormais falloir se farcir les 14 suites qui risquent de débarquer les unes après les autres. Dans tous les cas, s'il est une chose qu'il faut mettre au crédit des producteurs de la série est cette idée lumineuse de zigouiller systématiquement l'ensemble du casting des films. En effet, ça leur permet d'éviter de se retrouver, comme ça arrive trop souvent, avec des pseudos acteurs demandant des sommes astronomiques pour apparaître dans les films suivants.

Auteur :Loic Gourlet
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