Critiques

Diego Maradona : Sombre génie

La critique du film Diego Maradona

Par Christophe Dordain


Pour celles et ceux de ma génération, Maradona fait partie de ces joueurs de légende qui, à l’instar de Platini et de Zidane, sont parvenus à transformer un poste de télévision en un écran à rêves, habité de dribbles chaloupés, de frappes explosives et de titres européens et mondiaux glanés au fur et à mesure des grandes compétitions internationales.

Mais plus que tout, et à la grande différence d’un certain Leo, Diego aura ajouté à son extraordinaire carrière ce petit plus qui fait toute la différence désormais : une personnalité hors-normes. Celle d’un génie sur le terrain se muant en un salle gosse à l’égo démesuré et dont la vie hors le rectangle vert relevait du chaos permanent.

Réalisé par Asif Kapadia, ce documentaire ne s’adresse pas qu’aux simples fans de football. "Diego Maradona" est donc le sulfureux portrait d'un virtuose du ballon rond. Et pour parvenir au résultat final, ce ne sont pas moins de 500 heures d’images inédites (issues des archives personnelles du footballeur) qui ont été exhumées, si l’on peut dire, et le résultat final est stupéfiant !

Présenté hors compétition lors du dernier Festival de Cannes, "Diego Maradona" est un documentaire qui, avec clarté et probité, développe un propos basé sur le principe classique du « rise and fall ».

Aussi, que vous soyez rétifs ou pas à l’idée de découvrir un film évoquant le ballon rond, ne vous arrêtez-pas en chemin tant "Diego Maradona", avec une honnêteté remarquable, et sans filtre aucun, dresse le portrait d’une idole du XXème siècle qui se perdra dans la terrible ville de Naples et ses mille tentations (filles faciles, cocaïne, vie dissolue, des liens troubles avec la Mafia, etc.), club pour lequel il jouera entre 1984 et 1991.

Evitant avec subtilité le piège d’une trop flatteuse hagiographie, "Diego Maradona" est un témoignage bouleversant sur celui qui aura su, toujours à la différence de Leo, et tel un sombre génie, emmener son équipe nationale, l’Albiceleste, sur le toit du monde, en 1986.

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