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Django Unchained : Trop c’est trop !

À chaque sortie c'est un peu le même cirque, un nouveau Quentin Tarantino laisse rarement indifférent. Qu'on soit fan ou qu'on déteste son univers, il y a toujours beaucoup à dire sur les films du cinéaste. Son nouveau « bébé » "Django Unchained", cinq fois nominé aux Oscars, ne déroge évidemment pas à la règle.

Après le film de guerre "Inglorious Basterds" sorti en 2009, Tarantino renoue avec la vieille tradition du western spaghetti à l'américaine, enfin si on peut dire, car "Django Unchained" n'a pas grand-chose à voir avec les classiques du genre version Sergio Leone.

Casser les codes, le réalisateur en a fait son credo, son "Django version 2.0" est dans cette lignée (il n'a que peu de points communs avec le "Django" réalisé au milieu des années 1960 par Sergio Corbucci dont le premier rôle était confié à Franco Nero, qui fait d'ailleurs une apparition dans cette nouvelle mouture).

Entre les répliques ciselées du Dr Schultz, et la tranquillité dégagée par le personnage de Django, la première partie du film défile à grande vitesse. Elle met en scène notre duo qui apprend à se connaître, et qui se révèle être une équipe de chasseurs de primes redoutable.

À la manière d'une odyssée, les deux hommes arpentent les recoins les plus malfamés du Texas et flinguent à tout va. Avant de retrouver l'infâme M. Candie pour une deuxième partie plus engagée encore dans le contexte.

Ce nouvel opus de Tarantino s'attaque, en effet, à une période sombre de l'histoire américaine. Traiter de la période de l'esclavage avec un humour si noir est quasiment une première, et cela a forcément entraîné une pluie de critiques, et de vives polémiques.

Plusieurs défenseurs de la communauté afro-américaine reprochent par exemple au réalisateur un racisme incarné notamment par ses « abus de langage », avec la banalisation de l'emploi du mot « nigger » (qui signifie littéralement nègre).

D'autres mettent en exergue une forme de racisme anti-blanc, incarnée par la suprême bêtise et le caractère infect des esclavagistes, pour le coup l'image des cow-boys texans est largement égratignée.

Mais Tarantino n'a-t-il pas atteint son but en suscitant autant de réactions sur son nouveau projet. Depuis toujours, le réalisateur de "Pulp Fiction" se plaît à choquer les consciences, il s'en délecte même.

Trop violent, trop sanglant, trop politiquement incorrect, ne laissant que peu de places à la femme, on peut tout reprocher à "Django Unchained". Là est bien l'essentiel pour Quentin Tarantino !

Auteur :Pierre-Gérad Lespinasse

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