21 novembre 2019
Critiques

Doctor Sleep : Mike Flanagan a osé

La critique du film Doctor Sleep

Par Jérémy Joly


Ces dernières années, Mike Flanagan a brillé en offrant aux spectateurs de belles pépites avec notamment l'excellente série "The Haunting of Hill House" ou encore "Jessie", l'adaptation du roman d'un certain Stephen King. Pour son retour au cinéma, il reste dans le genre de l'horreur et place la barre haute avec une nouvelle adaptation d'un roman de Stephan King. Mais pas n'importe lequel : "Doctor Sleep", paru en 2013, qui est la suite de "Shining, l'enfant lumière".

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Mike Flanagan a osé réaliser avec "Doctor Sleep" une suite au film "Shining" de Stanley Kubrick, trente-neuf ans après sa sortie. S'attaquer à un film devenu aussi mythique, une référence cinématographique, est un pari risqué.

On retrouve Danny Torrance, devenu adulte et qui a toujours des difficultés à surmonter le traumatisme qu'il a connu à l'hôtel Overlook lorsqu'il était enfant. Comme son père, il est devenu alcoolique entraînant une baisse de ses pouvoirs psychiques. Alors qu'il tente de reprendre sa vie en main, sa route va croiser celle d'Abra Stone, une jeune fille qui possède le « Shining ». Sa vie est menacée par un groupe d'individus qui se nourrissent des pouvoirs psychiques détenus par les enfants dans le but d'être immortels.

Dès le début, "Doctor Sleep" nous replonge parfaitement dans l'univers de "Shining". Des scènes reprenant dans les moindres détails le film d'origine ont été tournées. C'est tellement bluffant que l'on se demande si ce n'est pas simplement une reprise des images de Kubrick. Mais non, on finit par se rendre compte que le petit Danny Torrance n'est pas joué par le même acteur. Pour que la magie opère, il y a donc eu également un travail impressionnant pour trouver des acteurs ressemblants à ceux qui ont tourné dans "Shining". La ressemblance la plus frappante est sans doute Carl Lumbly qui reprend le rôle du personnage de Dick Hallorann.

Ensuite, nous arrivons à l'histoire originale de "Doctor Sleep", quelques décennies après le drame d'Overlook, nous retrouvons Danny Torrance adulte, interprété de façon sublime par Erwan McGregor. L'idée de voir ce personnage dans sa vie d'adulte est intéressante, qu'est-il devenu ? La première image de lui est un réveil difficile après une soirée bien arrosée en compagnie d'une inconnue qui dort dans son propre vomi. Danny Torrance a sombré dans la même addiction que son père : l'alcool.

Le spectateur va suivre sa reprise en main. Il va devenir un médecin qui accompagne les personnes âgées dans un hospice, au moment où elles vont mourir. Il utilise son don pour les aider à franchir calmement le passage vers la mort, à l'aide d'un chat médium qui rend visite aux patients sur le point de mourir. Le développement de ce personnage est fascinant. Par contre, l'histoire sur ce groupe de chasseurs de pouvoirs psychiques que possèdent les enfants, qui cherchent l'immortalité est intéressante mais ne captive pas, parce que cela devient ennuyeux par sa longueur.

"Doctor Sleep" se termine par un ultime plongeon dans l'univers de "Shining", de façon magistrale ! Les images arrivent une fois de plus à nous bluffer. Mike Flanagan aura réussi à ne pas tomber dans le piège de copier "Shining" et arrive à rendre un hommage réussi à Stephen King et à Stanley Kubrick.

Pour les lecteurs de cette critique, sachez que Danny Lloyd, qui incarnait le petit Danny dans "Shining" fait une petite apparition dans « Doctor Sleep », saurez-vous le retrouver ?

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