19 novembre 2019
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Dommage Collatéral : La critique

Un super-héros, pardon, un pompier américain, voit sa femme et son fils périr dans un attentat perpétré par un terroriste colombien. Peu satisfait de la tiédeur diplomatique et par les lenteurs de l'enquête, il décide de rendre de rendre lui-même la justice et se rend sur place pour dézinguer le poseur de bombes.

Pompier, attentats, politique extérieure américaine, on comprend pourquoi la sortie de "Dommage Collatéral" a été longuement repoussée. Si j'avais atteint un niveau indécent de mauvais esprit, je remercierai Al-Quaida d'avoir permis à nos écrans d'échapper à cet indigent étron pendant quelques mois....

Trêve de potacheries irresponsables, "Dommage Collatéral" reste un film à fuir de toute urgence. Ce n'est pas encore aujourd'hui que Shwarzie (alias the Angry Fireman) va faire son grand retour... Il lui faut au moins un Cameron ou un Mc Tiernan pour en tirer quelque chose, et force est de constater qu'Andrew Davis, tout réalisateur du "Fugitif" qu'il est, est loin d'avoir cette trempe. "Dommage Collatéral" est aussi indigent qu'indigeste.

Pour ce qui est du discours, il nous sert une soupe tiédasse ménageant malhabilement la chèvre et le chou : après avoir donné une vague impression de critique de l'attitude de l'Amérique hors de ses frontières, il fait la part belle à l'apologie de l'auto-justice et à l'idéologie "dent pour dent", puis tente d'humaniser à nouveau son héros, et même quelque colombiens, avant de retomber finalement sur les pattes de l'arrogance patriotique : le pompier n'aurait pas du ramener la gentille épouse du terroriste, puisque c'est une ennemie encore plus fourbe...

De toutes façons, dès la première partie de "Dommage Collatéral", un plan fait tomber à l'eau toute ambiguïté quant à l'identification du justicier à sa patrie, et la désignation de l'ennemi : l'écran de l'ordinateur de Schwarzie affiche une photo de la Colombie, avec les mots "Anti-Democratic", tandis que devant celui-ci, notre héros sirote une tasse aux couleurs du drapeau U.S. .... Clair ?

Il est de plus consternant de voir à quel point cette innommable production se vautre dans le premier degré le plus bêtifiant, surtout au vu de la crédibilité de l'intrigue. D'ailleurs, question crédibilité, ce cher Arnold commence à être un peu vieux pour se faire un raid punitif à lui tout seul en territoire hostile; remarquons aussi que sa palette d'expressions faciales, déjà pas la plus riche de Hollywood, tend à s'appauvrir avec les années...

Même les amateurs d'action pure regretteront l'achat du billet : si le spectaculaire est au rendez-vous, l'ensemble ne sort pas du conventionnel et ne recèle aucune surprise. Au mieux, Davis assure le minimum syndical, quand il ne sombre pas dans le n'importe quoi (voir la consternante poursuite finale)... Et c'est là que l'absence abyssale de distance fait le plus de ravages.

Si l'on pourra s'amuser des apparitions de John Turturro, John Leguizamo et, dans une moindre mesure, Elias Koteas (inoubliable Vaughan de Crash), celles-ci sont tellement réduites et sous-utilisées qu'elles en deviennent anecdotiques. Espérons que ce "Dommage Collatéral" tombera bien vite dans l'oubli qui lui revient de droit.

Auteur :Rémi Boîteux
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