13 novembre 2019
Critiques

Doubles Vies : la critique du film

La critique du film Doubles Vies

Par Victor Van De Kadsye



« Et sinon, tu as vu le dernier film de Cuaron sur ton ordi ? »

Si le numérique aide un réalisateur tel David Fincher à questionner son propre rapport face aux images en tant que réalisateur, le cinéma d'Olivier Assayas s'amuse à étudier ce phénomène dans un cadre plus terre-à-terre, mais avec malice.

Après "Sils Maria" (et sa quête de jeunesse éternelle) et les textos fantomatiques de "Personal Shopper", le réalisateur s'essaie à la comédie avec "Doubles Vies" où le numérique devient une peur, mais qui va aussi révéler nos identités 2.0.

Autant prévenir tout de suite, "Doubles Vies" est un film peu facile à appréhender. Ce qui étonne car, ici, Assayas ne s'essaie aucunement aux expérimentations visuelles. En revanche, c'est un véritable déluge de dialogues.

Dès les premières minutes, annonçant la tonalité grinçante où un éditeur joué par Guillaume Canet refuse le manuscrit d'un ami auteur (interprété par Vincent Macaigne), les discussions ne s'arrêtent pas. Des discussions souvent auto-centrées, mais qui instaurent tout de même des doutes.

On suit un cercle fermé, dont l'un des membres dirige une maison d'édition. Cette dernière doit donc faire face à des questions essentielles sur le passage au numérique : comment s'y préparer ? Que penser de la frénésie des blogs ? Lire Adorno sur tablette, est-ce la même chose que sur papier ?



Assayas présente une époque fébrile, à bout de nerfs face à ces questions. De nombreuses scènes, situées dans des tables de restaurants ou des salons d'appartements, étouffent les personnages en plaçant de manière resserré la caméra devant eux. Des protagonistes à bout de nerfs, cachant de multiples identités.

Car, très rapidement, "Doubles Vies" devient une screw-ball comedy 2.0 où les dialogues défilent vitesse 4G. Une comédie de mœurs ultra-contemporaine, où les gags viennent de dialogues acerbes sur des personnages ne sachant plus qui ils sont ou ce qu'ils font. A noter au passage un formidable running-gag basé sur le film "Le Ruban Blanc" de Michael Haneke.

Le quatuor principal (tenu par Guillaume Canet, Juliette Binoche, Nora Hamzawi et Vincent Macaigne) excelle, mais aussi l'excellente Christa Théret.

Sans forcément répondre définitivement aux questions posées, Olivier Assayas signe avec "Doubles Vies" une réjouissante comédie où les acteurs triomphent.

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