18 novembre 2019
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Douches froides : A éviter !

Quand on voit la bande-annonce, un souvenir douloureux revient brutalement se heurter au cortex cérébral, il s'agit des « Corps Impatients ». Soit comment mettre en scène une partie de jambes en l'air et faire passer la pilule au spectateur. C'est donc en ayant vu cette mise en bouche – plutôt intéressante -  que je m'aventure dans la salle des douches froides. Et, plus on avance dans la structure narrative, plus on se demande comment cette scène va bien pouvoir intervenir dans un contexte de lycéens qui passent le bac et pratiquent le judo.  

Et arrive la scène fatidique. Connaissez-vous la blague de Paf le chien ? Je ne vous la raconterai pas, mais sachez que c'est une blague où il n'y a pas de chute, pas de transition. On vous l'annonce de but en blanc, sans vous préparez au moment hilarant. Du coup, on ne rit pas.  

« Douches Froides », c'est un peu l'histoire de Paf le chien, dans la mesure où on attend quelque chose de crucial, d'évènementiel, pour ensuite contempler le vide de cette scène, et son impact sur le reste d'un métrage qui ne nous intéresse plus. Deux jeunes judoka s'entraînent au corps à corps. La lycéenne vient vers eux et voilà, votre scène de sexe, le point culminant de « Douches Froides » est dans la boîte.  

Mis à part cet écart érotique d'ailleurs peu convaincant, rien dans ce téléfilm ne justifie une sortie en salles. Que ce soit au niveau de l'interprétation (le couple Stévenin-Libéreau, décevant et insipide) ou de l'histoire, ennuyeuse et mal exploité. Un exemple flagrant qui n'en finit pas de nous frustrer : Aurélien Recoing sur chaise roulante en sponsor de judo, qui ne devient qu'une apparition et emblématique d'un scénario sous-exploité au possible. Limitée également, la réflexion cliché sur les jeunes qui parlent un langage branché et souvent violent, et leur écart avec une jeunesse bourgeoise, incarnée avec platitude bornée par Jean-Philippe Ecoffey.  

On croyait aussi se diriger dans la direction du film montrant du doigt dopages et autres techniques de sport de haut niveau (ce qui est limité, mais aurait mérité un meilleur traitement). Plus on regarde le film, et plus on se rend compte avec effroi que le réalisateur a voulu maintenir des voies pourtant évidentes, sans issues. 
Auteur :Houmann Reissi
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