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Down In The Valley : La critique

Voici un film qui, pour n'être pas aussi enthousiasmant qu'il aurait pu l'être, n'en reste pas moins intéressant. Au vu de nombreux aspects de son scénario et de quelques séquences erratiques et poétiques, on songe parfois devant ce “Down In The Valley” au Terrence Malick des débuts. Or, malgré ses évidentes faiblesses, il s'en sort nettement mieux que “L'autre rive” de David Gordon Green dans la catégorie “Badlands light”. Mais il serait réducteur (et fatalement impitoyable) de s'en tenir à ce type de comparaisons. Car “Down In The Valley” a une vraie personnalité. Et son auteur, du talent - même s'il lui reste encore beaucoup à prouver.

Dans sa première partie, le film ressemble très franchement à une enfilade de clichés : le cow-boy péquenaud (très bon Edward Norton), l'adolescente en mal d'horizons (touchante Evan Rachel Wood), le pré-ado un peu mal dans sa peau (encore un petit frère Culkin, très bien aussi), le père protecteur et dépassé (David Morse tel qu'en lui- même ), l'amour contrarié, l'ouverture des possibles, l'Amérique... Enfilade de clichés, donc, mais sublime enfilade de clichés: c'est naïf, parfois un peu laborieux, mais sincère et traversé par une véritable grâce, palpable à l'écran, ce qui est assez rare. Cadres, lumière, montage tendent à distiller une atmosphère qui rattrape (voire justifie) tout le reste.

Et c'est finalement lorsque, au cours d'un deuxième tiers bancal, “Down In The Valley” tente de s'éloigner plus franchement des sentiers battus que l'édifice s'écroule. Si David Jacobson est indéniablement un cinéaste, on peut raisonnablement douter de ses qualités de scénariste : le développement de l'intrigue s'avère trop mal écrit et construit pour que la sauce prenne, et c'est bien dommage. La mise en scène reste remarquable, et réussit très bien ce que manque le scénario - assumer un classicisme bien digéré pour l'emmener ailleurs - mais on reste sur une sensation de gâchis.

Malgré quelques trouées inspirées, vers la fin surtout (dont une magnifique séquence nocturne entre le cow-boy et le jeune frère de Tobe), l'arrière goût de déception n'est jamais vraiment effacé. Mais on attend tout de même la suite avec impatience, tant il demeure évident que David Jacobson est un talent très prometteur. Espérons qu'il trouve vite de quoi lui donner sa pleine mesure.
Auteur :Rémi Boîteux
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