16 septembre 2021
Critiques

Du Sang et des Larmes : On reste sur sa faim

Après les succès mitigés de "Hancock" et de "Battleship", Peter Berg revient avec une fois de plus, un film musclé. "Du sang et des larmes" propose de plonger le spectateur dans une opération des Navy Seals en Afghanistan. Des faits réels pour une fiction  de guerre presque banale.

Dès les premières minutes, le ton est donné. En enchainant les images de la sélection extrême des unités d'élites américaines, Peter Berg installe son thème, Il sera question des Navy Seals. Plus exactement, d'une opération qui s'est déroulée en 2005. Le réalisateur Peter Berg s'est appuyé sur le livre de Marcus Luttrel, survivant de l'opération « Red Wing ».

Dans sa structure narrative, ce long métrage s'avère très classique. Après avoir planté le thème, Peter Berg choisi le flash-back pour commencer son récit. Cela commence par un passage en revue des personnages principaux en prenant bien soin de les humaniser au maximum avec la présence en fond de leur famille. Une fois ces bases posées dans la première heure, le récit s'oriente sur l'opération pour ne plus la quitter. Une mission, un bourbier afghan que Peter Berg arrive à mettre en scène de manière dynamique, nerveuse et efficace dans l'ensemble avec néanmoins quelques excès de « cut » durant le gunfight...

Si c'est parfois difficile à suivre, ce choix a pour effet d'amener une certaine tension dans ce récit d'une opération qui va connaitre un scénario imprévu. e dit gunfight qui oppose les Talibans aux quatre Navy Seals occupe la majeure partie du film. C'est surtout l'occasion de mettre en lumière ces hommes hors du commun. C'est finalement Mark Wahlberg qui le dit le mieux : «Il a fallu gagner la confiance des Seals en laissant les paillettes hollywoodiennes et les ego à la porte. Ils ont compris que nous étions prêts à donner le maximum afin de leur rendre hommage

Ce n'est donc pas une surprise de constater que ce film véhicule une image particulièrement positive des troupes américaines. C'est bien une production cinéma qui cherche à rendre hommage et pour ce faire, le réalisateur ne fait pas dans la dentelle mais dans le sang et les blessures. Une manière de montrer l'abnégation de ces hommes surentraînés. Sur ce point, "Du sang et des larmes" est une réussite tant il apparait que ces hommes paraissent capables de surmonter toutes les épreuves pour continuer à se battre. C'est d'ailleurs le crédo du film : continuer le combat quel que soit les blessures, les sacrifices et les pertes. "Du sang et des larmes" a donc des aspects de film commercial pro Navy Seals, mais ce long-métrage est avant tout une fiction, avec ses émotions, son action et ses acteurs.

C'est sans aucun doute l'attrait principal de ce film : Son casting. Mark Walhberg est une valeur sure à Hollywood, mais il n'est pas le seul à tenir l'affiche. Taylor Kitsch, Emile Hirsch, Ben Foster ou Eric Bana sont aussi de la partie et il faut reconnaitre que l'association fonctionne bien. Néanmoins, une telle affiche n'a pas permis au film de connaitre le succès escompté outre-Atlantique. La faute à une construction narrative maladroite qui bloque tout suspense tout comme son titre original d'ailleurs. A cela s'ajoute une comparaison malheureuse avec "La chute du faucon noir" de Ridley Scott face auquel, le film de Peter Berg est à la peine, manquant d'argument pour être cité en exemple dans les films de guerre.

Petite déception donc que ce film avec un scénario moins attrayant que le casting qui est à l'affiche. "Du sang et des larmes" est un hommage, presque émouvant, au courage des Navy Seals. Toutefois, si cela demeure un long-métrage honorable, le divertissement attendu n'est pas pleinement au rendez-vous.

Auteur :François Bour
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