19 septembre 2020
Critiques

Ducobu 3 : 1h30 de colle pour les spectateurs

Par Jérémy Joly

Après un premier volet ("L'élève Ducobu" en 2011) intéressant par sa nouveauté et un deuxième (« Les vacances de Ducobu » en 2012) qui avait perdu de sa fraîcheur, "Ducobu 3" sort dans les salles. Pour ce troisième film, Philippe de Chauveron, à qui l'on doit également "Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?", laisse sa place à Élie Semoun qui réalise son tout premier film.

C'est une nouvelle rentrée des classes pour l'élève Ducobu, Léonie Gratin et l'instituteur Latouche. Mais cette année, un rival de taille pour Ducobu débarque à l'école : « TGV », le roi de la triche 2.0. Alors que la situation financière de Saint-Potache devient désastreuse, les deux cancres vont devoir unir leurs créativités pour remporter un concours de chant et sauver leur école.

Dans le générique, nous pouvons voir apparaître le nom d'Élie Semoun en tant que réalisateur, co-scénariste et acteur. Il reprend le rôle de l'instituteur Latouche, dans lequel il était plutôt drôle dans les deux films précédents. A l'aide d'une perruque, de maquillage et de prothèses grotesques, il joue également la mère de Latouche, qui n'apparaissait que très brièvement dans le premier volet. On le retrouve aussi dans la peau d'un professeur d'une école concurrente, qui ressemble étrangement à Dracula. Cela donne un total de trois personnages, ce qui est déjà beaucoup.

Mais ce n'est pas tout. Élie Semoun est présent sur de nombreuses photos qui décorent les murs de la maison de Madame Latouche, représentant des ancêtres grimaçants de la famille. Et enfin, lorsque Ducobu visite un musée avec son père, il croise un homme de Cro-Magnon qui est le portrait craché de Latouche. Élie Semoun, se retrouvant aux commandes de "Ducobu 3", s'est offert la possibilité de se montrer partout durant tout le film, et malheureusement cet excès est loin d'être un avantage...

photo-ducobu-3
Elie Semoun - Copyright Marc-Bossaert

Heureusement, il y a d'autres acteurs dans ce film, les enfants du deuxième volet ayant grandi, de nouveaux ont été choisis et il faut l'admettre, c'est un très bon cru. Mathys Gros et Leeloo Eyme, excellent dans les rôles de Ducobu et de Léonie. Gérard Jugnot reprend admirablement le personnage de Monsieur Kitrish qui était auparavant tenu par le regretté Jean-Paul Bonnaire. Le directeur de Saint-Potache est joué par François Levantal, acteur de talent encore une fois sous-exploité par le cinéma, ce qui est regrettable.

L'histoire, qui reste assez simple et fidèle à la bande-dessinée, n'a rien de surprenant. Elle vise un public précis : les enfants. L'humour utilisée ne vole pas haut, si les pets vous font rire, alors peut-être que ce film est fait pour vous. Lors d'une scène, le film fait un clin d'oeil à "Psychose" d'Afred Hitchcock et dans une autre, à "Shining" de Stanley Kubrick, ce qui est bien trouvé et plutôt marrant. La bande originale se résume à des reprises insupportables de chansons connues, qui vous rendront sourd.

"Ducobu 3" est loin d'avoir réussi à trouver l'originalité nécessaire pour donner envie d'un quatrième film. Le spectateur se retrouve puni avec 1h30 de colle en compagnie de Ducobu.


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