28 septembre 2021
Critiques

Dune : Une épopée mystique

Par Alexa Bouhelier Ruelle

Plus tôt cet été, Denis Villeneuve faisait les gros titres déclarant de façon quelque peu ostentatoire : « regarder "Dune" sur une télévision serait comme faire du jet-ski dans sa baignoire ! ». Pour certains cela peut paraitre comme la demande d’un auteur dénué de tout sens des réalités. Pire encore : comme une incompréhension totale de l’industrie du cinéma post-pandémie. Pourtant, cela ne veut pas dire qu’il ait tort. En effet, son adaptation du classique de science-fiction de Frank Herbert est exactement le genre de spectacle sensoriel qui ne demande pas mieux que d’être découvert sur grand écran.

"Dune" est ici pour nous confirmer toute l’importance des Blockbusters Hollywoodiens. L’épopée de Denis Villeneuve prouve que les films à gros budget ne sont pas forcément stupides. Il est possible d'y laisser de la place aux moments plus silencieux, au milieu des explosions et des scènes de combats. "Dune" est un film dense, et bien souvent sublime. Il est le lien attendu entre le multiplexe et le cinéma d’art et d’essai.

Quelle distribution !

Comme vous l’avez peut-être déjà constaté il n’y a pas de petits rôles dans "Dune". De l’impérial Charlotte Rampling, au chef Fremen (Javier Bardem) en passant par le neveu Harkonnen (Dave Bautista). Sans oublier, Chani campée par Zendaya. Timothée Chalamet, lui, est Paul Atréides, un héros qui prend ses marques et teste des habilités que lui-même a du mal à comprendre.

Dans ce registre, Timothée Chalamet invoque, avec panache, à la fois une beauté mystique et un conflit intérieur faisant de Paul une version futuriste d’Hamlet. Paul est un personnage forcé par le destin à porter le poids de l’histoire sur ses épaules. A ses côtés, Oscar Isaac propose, avec justesse, une figure paternelle irréprochable. Stellan Skarsgard, quant à lui, est presque méconnaissable sous les traits du Baron Vladimir Harkonnen (antagoniste au dessein meurtrier qui finira par tuer la plupart des personnages pour lesquels vous aviez ne serait-ce qu’un peu d’intérêt).

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Dune - Copyright : Warner Bros. France
Un univers visuel flamboyant !

Denis Villeneuve prouve une nouvelle fois son talent pour mettre en scène de sublimes effets visuels. En effet, Villeneuve n’en est pas à son premier coup d’essai, (voir "Sicario", "Premier Contact" et "Blade Runner 2049" pour lesquels il avait déjà mis en avant son don pour les textures et les nuances chromatiques contenues dans le sable et la poussière).

Cette fois-ci, avec Dune", le cinéaste définit de nouvelles difficultés de langage et de coexistence entre les peuples. Villeneuve respecte à la lettre ce que doit être la la science-fiction : la création d’un univers incroyable appuyé sur une histoire passionnante. Avec "Dune", le réalisateur (assisté de ses techniciens, le directeur de la photographie Greig Fraser, monteur Joe Walker, et le chef décorateur Patrice Vermette) navigue ainsi dans ces eaux troubles, entre grandeur et prétention.

Toutefois, Denis Villeneuve est suffisamment intelligent pour laisser l'intrigue progresser entre chaque scène d’action. Il traduit un monde crée par Herbert, riche en mythes et mystères. Le réalisateur aura su de même effacer les détails inutiles qui bloquait la compréhension de l'ensemble. "Dune" fait référence aux plus grands avant lui. Il respecte la tradition des spectacles cinématographiques grandioses tels que "Laurence d’Arabie", "Apocalypse Now" et "2001 : L’odyssée de l’espace".

De l'action avec assurance

De surcroît, les combats sont originaux : en lieu et place d'effets-lasers malvenus, les personnages sont protégés par des champs magnétiques (je ne vous cache pas avoir versé une petite larme quand Duncan Idaho, sous les traits du brillant Jason Momoa, se bat héroïquement pour sauver la vie de Paul). Ces scènes d’actions sont chorégraphiées et filmées avec une assurance déconcertante. Elles ne détournent en aucune façon le spectateur du message principal du film.

En définitive, "Dune" est une création qui est à l’opposée du travail de David Lynch, datant de 1984, et qui ne laissait que peu de place à l’originalité du livre d’Herbert. Villeneuve, lui, encapsule le cœur et l’âme de "Dune"...

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