22 septembre 2021
Archives Critiques

Duplicity : La critique

Prenons Tony Gilroy, scénariste de la trilogie "Jason Bourne", et réalisateur de "Michael Clayton", Clive Owen et Julia Roberts, mélangeons tout ça et nous obtenons "Duplicity". Claire et Ray sont respectivement ex-agent de la CIA et du MI-6 reconvertis dans l'espionnage industriel pour des entreprises cosmétiques. Ces deux là s'étaient déjà rencontrés cinq ans auparavant lors d'une mission, et, aujourd'hui, ils se retrouvent à nouveaux en travaillant tout les deux pour la même entreprise. Mais est ce vraiment un hasard qu'ils aient tout d'un coup le même patron et ne sont-ils pas plus que de simples collègues ?

"Duplicity" est un espèce de "Mr et Mme Smith" à la sauce espionnage industriel en moins délirant. Le film entier repose sur les épaules de son duo d'acteur qui tente, tant bien que mal, de donner un quelconque intérêt à ce film. Toutefois, on voit plus Clive Owen et Julia Roberts que leurs personnages. En effet, il est toujours difficile de se détacher de l'image médiatique que nous avons des acteurs, mais, dans "Duplicity", aucun membre du casting ne nous y aide. Clive Owen fait du Clive Owen, avec son côté mâle sûre de lui gonflé à la testostérone, et Julia Roberts est toujours Julia Roberts, avec un rôle de femme un peu manipulatrice et également sûre d'elle même. De plus, le même duo d'acteur était déjà réunit dans "Closer" de Mike Nichols ce qui nous aide encore moins à nous détacher de l'image que nous avons d'eux.Le film se construit tout autour de l'histoire de ce couple d'espion essayant de concilier leur profession et leurs envies personnelles.

A de nombreuses reprises, Tony Gilroy s'amuse avec des flashs-backs pour nous raconter l'histoire de ce couple en parallèle avec la mission qu'il réalise. Au lieu de nous attacher au couple, et à son histoire, par ce procédé Tony Gilroy ne fait que nous détacher du film et de son déroulement. En effet, après chaque flash-back, il faut au moins quelques bonne minutes pour comprendre à quel moment nous sommes et se souvenir à quoi cela correspond dans l'histoire avant que ces retours en arrière intempestifs ne soient venus nous gêner. Ainsi, le spectateur se perd à chacune de ces séquences, et l'histoire installée entre les deux espions est des plus bancales et se démarque par un manque flagrant d'originalité. Toute leur vie de couple se résume à savoir si l'un manipule l'autre à des fins professionnelles, et, pour installer un semblant de discours et de pensée, Gilroy essaie d'étendre cette paranoïa à l'ensemble des couples sur cette planète. On arrive presque au niveau de la psychologie de cuisine frôlant avec la démagogie.

Il est également difficile de regarder "Duplicity" du bon œil. On ne sait pas trop si c'est une comédie ou un film d'espionnage. Comédie, car à de nombreuses reprises on comprend que Gilroy essaye de nous faire rire, mais en vain. Presque chaque vanne du film est suivie d'un long silence dans la salle. Cela se traduit essentiellement par le personnage joué par Paul Giamatti qui doit représenter un patron quelque peu exubérant et qui devrait nous faire rire. Tout au long du film ce personnage et de plus en plus insupportable par son attitude et son manque de charisme. De nombreuses situations laissent à croire qu'il faut rigoler, mais c'est joué avec tellement peu de décalage qu'on ne sait pas trop, et finalement on se demande si ce n'est pas tout simplement le scénario qui n'est pas un peu ridicule. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'à aucun moment le rythme des films d'espionnage, caractérisé par un suspense plus que présent nous accrochant jusqu'au bout, ne se met en place dans "Duplicity".

Le film se conclut sur une espèce de fin ou l'on répond à l'accroche du film, "qui manipule qui ?", pour dire que tout le monde manipule tout le monde dans l'espionnage et faire un espèce de procès "tout le monde vs. tout le monde". Il a fallu deux longues heures pour arriver à cette conclusion qui ne fait qu'enfoncer les portes déjà ouvertes et que l'on à tous devinée. Après un "Michael Clayton", également sur l'espionnage industriel, qui n'a pas non plus fait l'unanimité, Tony Gilroy devrait laisser tomber la caméra et reprendre du papier et un stylo pour récupérer la place qui est la sienne : celle de scénariste.

Auteur :Florent Capoen
Tous nos contenus sur "Duplicity" Toutes les critiques de "Florent Capoen"

ça peut vous interesser

Stillwater : Des apparences parfois trompeuses

Rédaction

James Bond prépare son retour

Rédaction

Baby Boss 2 : Une affaire d’argent

Rédaction