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Embrassez qui vous voudrez : C’est quand vous voulez !

Il y a Bertrand (Jacques Dutronc) et Elisabeth (Charlotte Rampling), couple qui se pavane dans leur vie bourgeoise mais dont l'amour a été émoussé par les années. Il y a leur fille, Julie (Lou Doillon), aguicheuse et provocante dans ses tenues ultra-moulantes et ultra-courtes, qui ne trouve rien de mieux que d'attirer dans ses filets, un employé de son père, Kevin (Sami Bouajila) qui donnerait sa chemise pour elle. Il y a Julie (Clotilde Courau), la meilleure amie d'Elisabeth, qui n'a jamais eu de chance avec les hommes et qui va s'éprendre d'un Casanova : Maxime (Vincent Elbaz). Il y a Jérôme (Denis Podalydès) et Véro ( Karin Viard) : lui économiserait jusqu'à la plus petite pièce tandis qu'elle dépenserait jusqu'au dernier centime : plutôt mourir que de subir les sarcasmes de leurs chers voisins, Bertrand et Elisabeth, qui s'en donneraient à cœur joie pour étaler leur train de vie supérieur au sien. Il y a enfin Loïc (Gaspard Ulliel), le fils de Jérôme et d'Elisabeth, en plein dans l'adolescence… 

Mais il y a surtout ce couple qui s'entend un peu comme chien et chat : Lulu (Carole Bouquet) femme aussi fidèle que belle (c'est pour vous dire !), persécutée par son mari Jean-Pierre (Michel Blanc), paranoïaque d'une jalousie obsessionnelle…Les quiproquos qui font le quotidien de ces deux-là sont à hurler de rire. Et puis, il y a Rena ! Ah ! Rena !  

«Embrassez qui vous voudrez» ressemble à ces danses folkloriques où les couples changent de partenaire à chaque changement de rythme de la musique et où les rencontres se font et se défont au gré du hasard de la piste de danse. Pourquoi être seulement deux quand tous peut être à chacun ? Le destin est fait de rencontres singulières qui intensifient la vie, et on n'est jamais maître de son destin. A Paris, à Chicago et au Touquet, ces rencontres à la fois possibles et improbables entre les personnages vont transformer la vie de chacun, puisque la vie est construite autour de ces rencontres. 

Michel Blanc , avec « Embrassez qui vous voudrez » a fait entrer la vie dans le film et le film dans la vie. Aucun doute, il a pris un énorme plaisir à adapter Vacances anglaises, roman de Joseph Connolly, et ça se sent ! Humour caustique, humour à froid, humour noir, humour pince-sans-rire, humour jouissif : toutes les nuances de l'humour sont exploitées à travers les rencontres mémorables entre les personnages qui nous font mourir de rire ! C'est sûr, c'est un film qui ne manque pas d'humour ! En plus, il faut bien reconnaître que le casting est royal, tant au niveau des rôles principaux qu'au niveau des rôles secondaires. Emotions et sentiments flirtent avec l'humour, ce qui donne lieu à des scènes à inscrire dans les annales : la tentative de suicide très drôle (si,si, c'est possible !) de Jérôme, les discussions animées et envenimées entre Lulu et Jean-Pierre qui se méprennent mutuellement sur les propos de l'autre, les réactions de Véro par rapport à sa situation financière… 

Bref, un Michel Blanc qui s'est impliqué à fond dans son sujet et qui nous fait passer un moment de pur bonheur où on rit spontanément et sans retenue. Rien à redire, si ce n'est «Embrassez qui vous voudrez !»

Auteur :Nathalie Debavelaere
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