5 décembre 2020
Archives Critiques

Embrassez qui vous voudrez : Un vrai bonheur en perspective !

La période des vacances, on le sait, est propice au changement, au renouveau. On y fait des rencontres, des couples se forment, d'autres se déchirent mais une chose est sûre, on ne s'y ennuie jamais. Cinq couples réunis pour l'occasion par Michel Blanc dans "Embrassez qui vous voudrez" (distribué par UGC), qui endosse une nouvelle fois sa veste de réalisateur après le succès critique et commercial de "Grosse Fatigue", vont vous le démontrer. Un vrai bonheur en perspective !

Ce n'était pourtant pas chose aisée d'adapter un roman britannique au cinéma français, mais c'était sans compter sur le fait que Michel Blanc a fait ses gammes au Splendid et que la comédie, ça le connait lui ! Pour ce film, donc, direction Le Touquet, l'un des endroits les plus huppés de la côte du Nord où l'habit fait le moine. Pouvait-on rêver d'un meilleur cadre pour pointer du doigt ce monde des apparences dans lequel nous évoluons ? Car ici, on triche comme partout. Le problème, c'est que c'est aussi éphémére que les vacances et que les failles, les petites crasses de l'âme humaine finissent toujours par reprendre le dessus.

La brochette d'acteurs laisse place à une galerie de personnages hauts en couleurs, allant du couple de beaufs (interprétés à la perfection par Karin Viard et Denis Podalydès), qui préféreraient tuer plutôt que de révéler qu'ils n'ont pas une thune dans leur porte monnaie, au couple en pleine crise conjugale dont monsieur est le principal instigateur en raison de sa jalousie maladive (on vous laisse deviner qui est qui).

Les couples se croisent et s'entrecroisent dans "Embrassez qui vous voudrez" pour mieux nous permettre de capter toute leur intimité, toutes leurs bassesses et lachetés au quotidien. Michel Blanc aurait très bien pu en faire une tragédie car, devant tant d'humanité, il faut être désespéré pour encore pouvoir rire, Mais, finalement, les films qui dénoncent sérieusement et directement sont vite oubliés. Qui peut en revanche oublier les comédies satiriques que sont " Les bronzés " ou " Le père Noël est une ordure " ?

Nos travers sont donc ici épinglés avec une sacrée dose d'humour, de légèreté et une bonne pincée de cynisme (Jacques Dutronc dans un rôle de composition ?). C'est presque du théâtre tant les répliques sont impeccablement ciselées. On se croirait spectateur de nos petites vies et cela en deviendrait presque effrayant si on ne savait que tout cela, après tout, ce n'est que du cinéma...

Auteur :Hélène Drieu
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