5 décembre 2019
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Embrassez qui vous voudrez : Une comédie sombre et légère à la fois

"Embrassez qui vous voudrez" est LA comédie noire de la rentrée. Il n'est donc pas étonnant qu'elle soit signée Michel Blanc, ce clown blanc loyal envers l'humour noir. Le rire, l'ironie, les piques acerbes sont forcément au rendez vous dans un tableau qui dépeint si bien cette joyeuse désillusion qu'est l'amour. Souvent triste à en pleurer, si triste… à en mourir de rire.

Adapté d'un livre anglo-saxon qui respire le British spirit (et dont Michel Blanc est particulièrement fan), Embrassez qui vous voudrez est un bijou de comédie, savamment orchestrée autour d'une bande d'acteurs époustouflants, d'une grande classe, loin des univers caricaturaux-franchouillards qu'on nous sert à longueur d'année.

Michel Blanc sait s'entourer : avec Carole Bouquet pour femme, puis Karin Viard, Denis Podalydès, Jacques Dutronc, Charlotte Rampling, Clotilde Courau, Vincent Elbaz, Lou Douillon, Sami Bouajila et les découvertes Gaspar Ulliel et Mélanie Laurent pour partenaires. Chacun à leur place, sans tirer la couverture à soi, l'esprit est au « un pour tous, tous pour un », pour un résultat qui en vaut la peine.

Le grand talent de sieur Blanc est de mettre en scène des situations parfaitement rodées, aux dialogues impeccables, d'une qualité rare. Tout s'enchaîne parfaitement, le plaisir des oreilles est aussi, sinon plus, jubilatoire que celui des yeux. Essayez de vous remémorez tous les bons mots sitôt sortis du cinéma, vous n'y arriverez pas tellement ils sont nombreux.

"Embrassez qui vous voudrez", drôle et pessimiste, à l'image de son réalisateur, est un regard sans concession sur l'amour, ses jeux, ses règles, ses dérèglements, sur la vie à deux, sur le temps qui passe sur les couples comme un rouleau compresseur impitoyable dont on essaie de sortir vivants. Sur la liberté aussi, la difficulté de rester soi-même, de vouloir parfois jouer en solo dans une partition qui exige deux instruments, ou de jouer en harmonie en faisant toujours attention à l'autre.

Michel Blanc signe donc une comédie sombre et légère à la fois, parsemée de moments inoubliables que l'on doit à des interprètes en grande forme. A ne pas manquer. 

Auteur :Alessandro Di Giuseppe

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