1 décembre 2021
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Et l’homme créa la femme : Et Hollywood embaucha Christopher…

Et l'homme créa la femme... Et Hollywood embaucha Christopher...

The Stepford Wives est un film à concept alléchant : imaginez seulement, un monde idéal, où les femmes sont belles et plantureuses, obéissent au doigt et à l'oeil et où les hommes s'amusent à faire ce qu'ils veulent et roulent en belles bagnoles. Bienvenue à Stepford ! Ou comment massacrer une bonne idée en la flanquant d'un formatage hollywoodien typique, comme un exemplaire happy-end.

Mais, ne crachons pas tout de suite dans la soupe, car le film offre tout de même un soupçon d'originalité qu'on doit surtout à l'interprétation de Nicole Kidman et au fabuleux Christopher Walken, dont l'exubérance est toujours aussi hallucinante que jubilatoire pour le spectateur. Un clown élastique et magistral, dont chaque mimique est une blague toute trouvée.

Le film, lui-même, part d'une intention louable, à savoir dénoncer les rapports de pouvoir entre hommes et femmes, et surtout pointer du doigt une société misogyne et machiste qui n'apprécie guère l'émancipation féminine. Le point de départ, à savoir des éléments perturbateurs dans cet univers parfait en apparence, nous permet de découvrir les joies et les plaisirs de Stepford : des femmes prêtes à faire le ménage toute la journée, à faire l'amour sur un simple clic de l'utilisateur/mari, à frotter, récurer, et bien évidemment sourire bêtement sans poser aucune question. Les maris règnent en maîtres-beaufs et fument des cigares. Bref, la belle vie. Mais la simplicité de la mascarade qui se déroule à Stepford et ses femmes-robots irréprochablement parfaits sont une représentation trop humoristique du problème. C'est alors qu'on attend un revirement plus sérieux de la chose, qui permettra peut-être de continuer un début de réflexion fébrile, certes, mais très intéressante - que nenni, cela n'arrivera point.

Une comédie donc, qui n'arrive pas tout à fait à cibler le message qu'elle veut faire passer. En abordant les problèmes de conformisme et d'intégrité de la société par l'humour, le film perd pied à trop vouloir forcer le trait. On pense à ce qu'aurait pu donné une version moins glamour, kitsch et édulcorée du film... Peut-être un "Comportements Troublants" datant de 1998 (avec James Madsen et Katie Holmes).

Dans "Et l'homme créa la femme", on parle aussi de Télé-Réalité qui malmène la vie d'honnêtes gens, mais également d'homosexuels qui deviennent sénateurs américains. A force de vouloir tout aborder, le film ne parle de rien et on sort de la salle assez indifférent de ce spectacle de marionnettes.
Auteur :Houmann Reissi
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