Critiques

Euforia de Valeria Golino : la critique du film

Critique du film Euforia

par Alexa Bouhelier-Ruelle


L’actrice et star international italienne Valeria Golino, avait ajouté une corde de réalisatrice à son arc avec le drame psychologique "Miele" (2013). Cette fois-ci, avec l’ambitieux "Euforia", Golino s’installe en totale confiance comme une réalisatrice mature, étendant le spectre de ses personnages, et jouant avec une esthétique flamboyante.


Un petit mensonge vaut mieux qu’une mauvaise vérité. Le mensonge peut aussi apaiser la peur, embrasser la culpabilité et réparer ce qui a été détruit. Cela peut aussi avoir l’effet inverse et prolonger les maux, en révélant plus sur l’agent du mensonge que celui qui le reçoit. Le thème de la maladie en phase terminale que porte le film de Valeria Golino implose seul au milieu d’un scénario volatile.

Cinq ans après son début en tant que réalisatrice, l’actrice revient au Festival de Cannes avec un drame familial complexe, présenté en avant-première au programme Un Certain Regard. Une connexion est visible entre les deux films de la réalisatrice.

La maladie en phase terminale est approchée ici d’une manière différente face à la mort. "Euforia" se veut une métaphore du cynisme de la vie, un hymne aux courts instants que nous n’arrivons pas à saisir dans nos quêtes de quelque chose de plus grand que nos vies, vouées à s’arrêter un jour ou l’autre.

Euforia” est ancré dans la réalité par deux acteurs excellents : Riccardo Scamarcio (un riche entrepreneur charismatique) et Valerio Mastandrea (son frère Ettore, un professeur austère et sensible). Valeria Golino met en abime le caractère de ces deux personnalités. Alors qu’Etorre entre à l’hôpital pour sa chimiothérapie, Matteo lui fait de la chirurgie esthétique. La vanité et l’hédonisme de l’un fait écho à la santé faiblissante de l’autre.

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Valeria Golino sur le tournage du film Euforia

Des moments particulièrement touchant de conversations entre les deux frères radicalement différents sont mises en scène. Le film ne se cache pas dans sa prévisibilité. Toutefois, il encourage à l’étude des personnages à apparaitre au premier plan.

La cause du mensonge de Matteo n’est pas tout à fait claire. Explication bizarrement relégué au second plan du film, afin de faire plus de place à cette relation entre frères qui est, en vérité, le cœur du scénario. Ce déficit d'explication dans l'intrigue se fait malheureusement au détriment de l’attention du spectateur.

Le résultat est donc un film lisse, à mi-chemin entre "La Dolce Vita" (sans l’expressionnisme) et un style filtré à travers une production contemporaine dont l'approche visuelle pourrait parfois faire penser à la série "Dynastie".

Le spectateur est poussé dans ses retranchements et se voit obliger d’accepter le comportement des deux personnages principaux, et de se contenter d’une fin explicite, se rapprochant de l’eulogie.

La musique du compositeur contemporain italien Nicola Tescari, et le travail de caméra réglée par Gergley Pohárnok, se complètent parfaitement. “Euforia” porte finalement un regard humaniste très profond sur ses personnages. Toutefois, émotionnellement, le film ne s’aventure jamais très loin de la surface.

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