22 février 2020
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Evil Dead de Sam Raimi : La critique

La ressortie nationale de "Evil Dead" sur nos écrans en ce mois de mai 2003 n'est pas vraiment un hasard : la bande de jeunes à qui il arrive des aventures surnaturelles est un filon très cher aux producteurs hollywoodiens : "La Maison de l'Horreur", "13 Fantômes", "Jeepers Creepers", "Le Peuple des Ténèbres", etc. Depuis, le réalisateur Sam Raimi a gagné la confiance de ces mêmes producteurs avec un magnifique "Spider-Man". C'est donc un réalisateur hors-pair qu'on prend plaisir à découvrir dans ses débuts, qui avaient marqué toute une génération à l'époque. C'est donc l'occasion pour les anciens de revoir cette danse macabre et sanguinolente, et pour la nouvelle génération de s'initier à cette fameuse légende des Condorians, créatures étranges et maléfiques qui prennent possession des vivants, une fois l'incantation prononcée.

"Evil Dead", c'est aussi les prémices d'une saga horrifique - où apparaîtra, entre autres, le Nécronomicon, ce fameux livre diabolique - avec une propension inouïe à la douleur : ici, les "bad guys" n'ont vraiment aucune pitié et le réalisateur d'aller volontiers jusqu'au bout de la boucherie, à l'aide d'effets spéciaux qui ne sont toujours pas dépassés aujourd'hui. Grâce à ces effets très plastiques - pas de "bullet time" ni de fond vert, les méchants n'ont rien en commun avec les créatures plutôt gentiment féroces de "The Faculty" ou "Le peuple de Ténèbres" ; quant à John Carpenter, avec "Vampires" ou "Ghosts of Mars", il passe pour un agneau à côté de ce qu'on peut voir dans "Evil Dead". Non, s'il faut tailler, on coupe dans le lard.

Le personnage principal, interprété par le très mythique Bruce Campbell du fait de sa notoriété acquise au cours de nombreuses participations à des séries B, sera d'ailleurs confronté à maintes et maintes reprises à des projections de sang très violentes sur son visage : même s'il décapite, coupe un membre, le mal rejaillira du corps mutilé, éclaboussant du sang de ses entrailles. Même découpés, les corps de Sam Raimi, habités du mal, continuent à nuire inexorablement, jusqu'à l'annihilation totale de ce mal, donc du corps qu'il habite. D'ailleurs, la scène finale où le mal s'éteint est impressionnante tant elle est riche visuellement.

Cependant, Sam Raimi est également un poète de l'image, même si celle-ci s'exprime de façon assez frontale. En effet, il est très curieux d'observer le jeu des regards au début du film, lorsque le "lover boy", joué par Campbell, offre à sa dulcinée un collier. Il fera semblant de dormir pour l'inciter à voir ce qu'il cache entre ses mains... C'est exactement ce qui va se passer avec les mort-vivants, qui feront semblant d'être inanimés et attaqueront par surprise.

La nature non plus n'est pas exempte de pêchés : dans la forêt, les branches attaquent sexuellement la jeune fille du groupe qui pressentait l'arrivée du mal avant les autres... Bref, même si c'est une série B, le film offre plusieurs niveaux de lecture et reste incontestablement un référence en matière de film d'horreur à la technique poussée (les plans survolants les marécages au début du film sont aussi bon que la steadycam, bien que tournés à l'aide d'une mobylette !). "Evil Dead" est donc un chef-d'oeuvre !

Auteur :Houmann Reissi
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