1 décembre 2021
Critiques

Ex Machina : Réconfort assurée

"Ex Machina" (distribué par Universal) est un premier né, celui du scénariste/romancier Alex Garland. Une fois n'est pas coutume, je me suis engouffrée dans la salle de cinéma sans même lire le synopsis, visionné un chouia du trailer, rien, nada. J'avais peur, au vue de l'affiche, d'être confrontée à un énième blockbuster sur un univers qui ne me fascine guère : la robotique. C'est agréablement surprise que je ressortirais des salles obscures avec en tête un long-métrage à la croisée des chemins entre "Under The Skin" et "I, Robot" (en mieux).

Si la thématique n'a rien de bien originale (il semblerait que l'intelligence artificielle soit une source d'inspiration sans fond pour nos amis scénaristes), le traitement, quant à lui, est bien plus singulier. Le film tourne autour d'Ava, dernière création en date du génie fou Nathan. Ava, Eva, Eve. Rien de bien subtil ici. Un manque de subtilité saupoudré d'une certaine maladresse, notamment lors du climax final souffrant d'une lenteur dispensable. Erreurs  à mettre sur le dos de l'effet « première œuvre » dirons-nous par indulgence.

Toutefois, l'intéressant demeure dans la personnalité de l'hybride android/femme. Comme le personnage de Caleb, vous tomberez amoureux fou d'Ava dès le premier regard. Mais ne vous attendez pas une éventuelle réciproque. Ava n'est pas un robot de plus, au demeurant obéissant, n'attendant qu'un bug de circuit pour se révolter. Nathan (ou plutôt le scénariste Alex Garland en l'occurrence) a eu l'intelligence de la rendre infiniment plus complexe. Tantôt sensible, manipulatrice, dotée d'un désir et d'une aura sexuelle, Ava n'est ni une machine ni une femme mais LA femme. Ce qui rend la fin magistrale dans une société tendant vers la phallocratie.

Côté casting, rien à dire et/ou à redire. Oscar Isaac prouve que la trentaine est la nouvelle vingtaine. Révélation à suivre depuis Drive, il brille par un cynisme et un charisme qui transcende l'écran. Ses camarades Alicia Vikander et Domhnall Gleeson (ayant déjà travaillé ensemble pour "Anna Karenine") n'ont rien à lui envié. Le trio fonctionne même à merveille et parvient à faire d'"Ex Machina" un huis clos angoissant digne d'une pièce de Sartre-version futuriste.

"Ex Machina" ravira les fans du genre tout autant que les curieux de passage. Le film ne manque pas d'humour et offre un regard cynique sur l'avancée scientifique qu'on nous offre. Vous êtes tombé amoureux de Samantha dans "Her" ? Alors vous trouverez réconfort dans les bras mécaniques d'Ava, assurément !
Auteure :Melissa Chevreuil
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