25 octobre 2021
Critiques

Exodus : Gods And Kings : Quelle déception !

Ridley Scott revient dans les salles avec "Exodus : Gods and Kings" (distribué par Fox France), un film qui relate les aventures de Moïse. Une promesse d'un grand film épique comme il l'a déjà fait auparavant.

Quel film ambitieux que cet "Exodus : Gods and Kings". 2h30 de pellicules pour relater des événements qui vont de la guerre contre les Hittites servant d'introduction à l'exil de Moïse, en passant par les plaies d'Egypte et les tentatives de libération du peuple Hébraïque. Tout cela tournant autour de trois personnages principaux : le fameux moïse, le pharaon Ramsès et surtout Dieu. Incarné par un enfant qui s'adresse à Moïse, sa vengeance sur le peuple égyptien est au cœur de "Exodus : Gods and Kings".

Si Moïse a bien pour rôle de guider le peuple hébreu vers une nouvelle terre, le film met surtout en avant les fléaux divins s'abattant sur un peuple égyptien qui a vénéré de faux dieux. Dès lors, une fois passé la première demi-heure d'introduction, dont le seul sursaut reste la bataille contre les Hittites, ce blockbuster prend réellement son envol quand arrivent les plaies d'Egypte. Et se mue en spectacle visuel de qualité. Car Dieu, pour accélérer les choses, demande à Moïse de rester en retrait afin qu'il puisse déchaîner sa colère. Et à l'instar de Moïse, le spectateur est mis, lui aussi, en retrait dans ce film.

Le grand film épique n'est ici présent que dans le spectacle visuel des plaies d'Egypte. Si cela suffit à monter une bande annonce rythmée et efficace, c'est insuffisant pour capter le spectateur pendant plus de deux heures. Ridley Scott, qui a sans doute déjà dû raccourcir son film pour l'exploitation en salle, semble avoir oublié des ingrédients essentiels.

Le premier d'entre eux, c'est l'émotion, celle qui amène des personnages. Celle qu'il avait su retranscrire avec Russell Crowe dans la peau du général Maximus dans "Gladiator". Avec "Exodus : Gods and Kings", il a, là encore, un acteur principal de renom en la personne de Christian Bale et pourtant rien ne passe à travers l'écran, aucune émotion ne parvient au spectateur. Et ce n'est pas le peu d'importance accordé aux seconds rôles qui peut changer les choses malgré, là encore, un joli casting (John Turturro, Aaron Paul, Ben Kingsley, Sigourney Weaver).

Le second ingrédient essentiel qui ne se trouve pas dans le cru 2014 de Ridley Scott, c'est ce supplément d'âme qui embarque le spectateur dans l'aventure. Pourtant, l'exemple de "Kingdom of Heaven", où Orlando Bloom combattait en terre sainte, mobilisant les habitants de tout une ville à résister à l'invasion, montre que le réalisateur a su, par le passé, donner cette fameuse dimension épique autrement que par le recours à des effets spéciaux.

Quelle déception au final que de ne retenir de "Exodus : Gods and Kings", qu'un spectacle visuel qui est, certes, réussi, mais qui n'a rien d'exceptionnel non plus. Au crépuscule de l'an 2014, il est acquis que les cinéastes savent maîtriser, pour la plupart, les effets spéciaux quand les moyens sont mis à leur disposition. Et d'ailleurs, c'est en regardant les moyens proposés à Ridley Scott, avec ses millions de dollars de budget, son casting de qualité, et sa trame scénaristique biblique, que le résultat parait d'autant plus décevant.

Auteur :François Bour

Tous nos contenus sur "Exodus : Gods And Kings" Toutes les critiques de "François Bour"

ça peut vous interesser

La Bataille de l’Escaut : Destins croisés

Rédaction

8 Rue de l’Humanité : Un rire masqué

Rédaction

Eiffel : Le symbole de l’amour

Rédaction