28 octobre 2021
Critiques

Expendables 3 : On n’est pas trop vieux pour ces conneries !

Ça y est ils sont enfin là ! Les Expendables sont de retour pour "Expendables 3" (distribué par Metropolitan Filmexport), une troisième mission et pour cette opération, Sylvester Stallone a décidé d'agrandir l'équipe. Une fois de plus un casting prestigieux est au rendez-vous, de quoi garantir le succès de ce troisième volet ? Oui et non.

Il ne faut pas se leurrer. L'atout majeur des Expendables, c'est Sylvester Stallone. À 68 ans, ce dernier ne craint pas le combat de trop. Le créateur de "Rambo" s'est offert avec "Expendables" (traduisez : ceux dont on peut se passer) une franchise à succès en surfant sur la nostalgie des productions où les cascadeurs sont préférés aux trucages numériques. Mais ce n'est pas ce qui fait l'évènement à chaque sortie d'"Expendables". La réussite de la franchise doit aussi au recyclage de vieilles gloires d'Hollywood. Tout est parti d'une scène du premier volet où les spectateurs ont pu voir pour la première fois réunis à l'écran messieurs Stallone, Schwarzenegger et Willis. Trois monstres du cinéma hollywoodien dans un même film, un film d'action bien bourrin à la Stallone qui s'était déjà bien entouré de Jason Statham, Dolph Lundgren et Jet Li pour ne citer qu'eux.

« Renouer avec les films d'action à l'ancienne, style "La Horde sauvage" ou "Les Douze Salopards", c'était un sacré défi », admet l'acteur et scénariste. Un défi réussi dès le premier opus et surtout un filon tout trouvé grâce au retombées médiatiques de la présence au casting de trois monstres sacrés. Pour "Expendables 2", Sylvester Stallone a donc mordu à l'hameçon et donné une empreinte  « on est jamais trop vieux pour ces conneries » à sa franchise. Les trois « anciens » jouent donc de la gâchette sans oublier la petite d'ose d'autodérision et le petit jeu de rappels récurrents aux personnages emblématiques qu'ils ont interprétés. Autant d'éléments qui ont donné à ce deuxième volet un ton humoristique majeur avec l'action en conséquence et toujours un casting amenant quelques noms bien connus du public.

« Le premier "Expendables", avec Mickey Rourke, était le plus dramatique, le deuxième était trop porté sur l'humour. Là, je crois avoir trouvé le bon équilibre », estime Stallone. Un équilibre qui contraste avec la démesure du casting de ce troisième volet. Bruce Willis n'est plus là, Chuck Norris non plus, mais lorsque vous voyez à l'écran Wesley Snipes, Antonio Banderas, Harrison Ford et Mel Gibson dans "Expendables 3" , ces absences sont vites oubliées même s'il est dommage de déplorer Bruce Willis ne pas être de la partie pour une simple question d'argent. Pas de quoi bouleverser Stallone qui n'est pas peu fier d'avoir engagé le bad boy de "Mad Max" : « Quand il a accepté de faire partie de la bande s'il était le méchant, j'étais aux anges. »

Alors bien sur cet "Expendables 3" plaira aux fans, car il reprend exactement les mêmes bases en ajustant les doses. Le scénario réoriente clairement ce long métrage vers le premier volet, avec cette idée que la retraite n'est pas si loin tout en étant pourtant tenue à bonne distance. La présence d'Antonio Banderas dans le rôle d'une tête brûlée, véritable moulin à paroles est clairement le ressort comique qu'avait amené le second volet tant l'espagnol semble faire ce qu'il aime faire. L'équilibre recherché par Sylvester Stallone semble bien là donc.

Au bout des deux heures, de film, si le divertissement est bien présent, si la mission est un succès, il reste tout de même une petite déception. Cette troisième mission manque de panache, non pas dans ses scènes d'action, mais dans son scénario et dans l'exploitation de son casting. Le problème du scénario, c'est d'avoir fait entrer dans la danse des petits jeunes qui ne sont ici qu'une relance dans le filon faire du neuf avec du vieux. Les jeunes poussent n'apportent pas grand-chose à la franchise qui a misé sur « les anciens ». Une franchise dont l'essence même est de réunir des gros bras bien connus du public. Les voir se foutre sur la gueule, s'échanger des répliques faisant références à leurs autres films c'était aussi ça "Les Expendables". Lorsque vous voyez Antonio Banderas, vous pensez à Zorro et l'espagnol est bien dans ce registre pour cette mission. Wesley Snipes joue aussi le jeu des références. Harrison Ford, vous pensez à Indiana Jones, Mel Gibson à l'inspecteur Riggs, etc. Et, là, pourtant, les références tant attendues ne viennent pas. Cet aspect était clairement réservé au deuxième volet et c'est finalement l'équilibre recherché par Stallone qui peut être remis en question tant cela manque.

Ce qui ne peut pas être remis en question en revanche, c'est le talent de ses acteurs qu'on dit « vieux ». Toute cette génération qui s'affiche à l'écran a clairement encore de belles choses à offrir au cinéma. Que ce soit Harrison Ford, dont les scènes avec Sylvester Stallone sont empreintes d'un profond respect, la folie communicatrice d'Antonio Banderas ou bien encore Mel Gibson avec un rôle de méchant qui donne bien envie de le revoir très vite à l'écran l'arme (fatale) à la main. Sylvester Stallone n'est pas en reste, lui  qui prépare un "Rambo 5", pense déjà à "Expendables 4". « Il y aura encore plus de stars. Je vais demander à Jack Nicholson, à Clint Eastwood. Et pourquoi pas à Christophe Lambert ou Luc Besson dans le rôle du méchant. ».

Ce qui est sûr c'est que cet homme ne manque pas de projet et il se paye le luxe, comme d'autres le font tous les jours (ou toute les semaines derrière un micro à la radio tel Christophe Dordain…) d'affirmer haut et fort : « on n'est pas trop vieux pour ces conneries ».

Auteur :François Bour
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