28 septembre 2021
Critiques

Fast & Furious 9 : Plus haut, plus grand, plus fort

Par Alexa Bouhelier-Ruelle


"Fast & Furious 9" débute sur un circuit en 1989, juste avant ce qui deviendra l’évènement déclencheur de toute la saga : la mort du père de notre héros, Dominic Toretto (Vin Diesel). Cet ‘accident’ était brièvement mentionné dans le tout premier film il y a de ça 20 ans maintenant. Justin Lin revient pour ce neuvième volet (et les deux suivants qui clôtureront la saga), et le seul fait de ramener l’histoire à cet élément déclencheur est une prouesse.

Vin Diesel n’est pas un acteur de grande envergure, convenons-en, mais il a certaines qualités, qui, dans un contexte approprié, peuvent être efficaces ; comme son inexorable habilité à projeter une large gamme d’émotion à travers un seul et même regard — un regard qui ne semble jamais réellement changer.

Des voitures et des hommes

"Fast & Furious 9" pousse ses limites scénaristiques en mettant en scène aussi bien le voyage intérieur de notre héros, que sa capacité à balancer une voiture du haut d’une falaise, le tout accroché à un câble. Mais ça fonctionne  ! Car Justin Lin comprend que quelque chose de stupide peut aussi avoir une certaine grandeur. Cependant, il est vrai que ces films peuvent être une épreuve pour les acteurs (enfin, ceux qui essaient de jouer).

Pendant la majeure partie de "Fast & Furious 9", Charlize Theron se voit coincée dans une cage de verre à la Hannibal Lecter. Ici, les scénaristes ne savent clairement pas quoi faire de son personnage. Par contre Michelle Rodriguez donne à Letty une plus grande profondeur, alors qu’elle s’ajuste encore à son nouveau rôle. Une fois de plus, Helen Mirren s’adapte parfaitement à ce qu’on lui demande de faire dans une séquence de course poursuite nocturne au milieu de Londres, cette fois c’est elle qui est au volant.

Quant à Paul Walker et son personnage (Brian O’Connor), toujours partie intégrante de la saga sous la forme d'un caméo malgré la disparition du comédien il y a plusieurs années maintenant, il est relégué en seconde division, à la maison gardant les enfants. Un trait d’écriture que je choisis de voir comme profond : cet homme d’action prend son rôle de père au sérieux.

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Vin Diesel et John Cena - Copyright Universal Pictures France
L’histoire sans fin

Revenons à l’intrigue. Comme mentionnée précédemment si vous aviez oublié que la saga "Fast & Furious" avait commencé à cause d’un homme qui s’engage dans des courses de rues illicites, après avoir perdu son père dans une course tout ce qui a de plus légal, les films, eux, ne l’ont pas oubliée. Ces différents volets se rapprochent plus d’un exercice d’écriture où tout, et littéralement tout, est possible. Cette fois-ci, "Fast & Furious 9" s’attaque à l’espace !

Cependant, chaque film rentre dans une continuité émotionnelle claire. C’est pourquoi, quand Deckard Shaw (Jason Statham) s’en prend à Han (Sung Kang), Dom se doit de le venger. Ce qui arrive à ces personnages peut sembler ridicule, mais leurs actions ont toujours été cohérentes. C’est pourquoi, dans "Fast & Furious 9", Han revient d’entre les morts. La satisfaction vient alors directement de la réaction des autres personnages en regard à ce qu’ils ont partagé ensemble, que de l’explication de son retour à proprement parler.

Je dois l’admettre, c’est un plaisir de revenir dans une salle de cinéma pour regarder un blockbuster estival dans toute sa splendeur. "Fast & Furious 9" est un retour aux sources dans tous les sens du terme. L’intelligence du scénario n’a jamais été la raison première qui nous fait aller au cinéma pour un des volets de cette saga. Le charme de ces films réside dans les cascades, les courses-poursuites, les combats, l’invocation symbolique de la famille, des péripéties qui permettent aux méchants de passer du bon côté et l’insertion de nouveaux personnages qui semblent être très importants même si personne n’a jamais mentionné leurs noms.

Aucun intérêt est porté à la science ou aux lois de la gravité dans "Fast & Furious 9" et ceci dans le but de créer de nouvelles séquences à grande vitesse : traverser des champs de mines, des aimants assez puissants pour soulever des voitures et des voyages dans l’espace. Deux décennies plus tard, la franchise est bel et bien vivante et loin d’être terminée...

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