24 octobre 2021
Critiques

Faut pas lui dire : La bonne volonté ne suffit pas toujours…

Une première réalisation n'est jamais chose aisée. Pour ce premier essai, "Faut pas lui dire" (distribué par Sony Pictures), Solange Cicurel se lance dans la comédie chorale et girly pleine de bonnes intentions. Hélas, la volonté ne suffit pas toujours.

ATTENTION CRITIQUE PLUS OU MOINS GARANTIE SANS SPOILERS !

"Faut pas lui dire", c'est un leitmotiv. Entre amis, toute vérité n'est pas toujours bonne à dire et/ou à entendre. Mais que faire quand votre meilleure amie, membre de la même famille, s'apprête à épouser son gay refoulé de fiancé ? Difficile de dire si nous spoilons puisque l'info est lâchée dans de nombreux communiqués. Pourtant, à la vue du trailer officiel, tout le suspens repose là, dans cet adultère homosexuel. Une idée qui, dans le pays français étriqué propice à Fillon et consorts, aurait pu faire son chemin. Hélas, la maladresse du traitement rend le film presque homophobe… Presque.

Parce que oui, VIP que nous sommes, on a rencontré l'équipe du film. Et quand une team est aussi adorable, soudée, il est bon de le faire remarquer. Leur intention était bien de banaliser l'amour homosexuel (mince alors, pareille remarque en 2016). Chose totalement loupée : à grands coups de « PD », mot répété bien plus que le mantra « faut pas lui dire » ; et de suggestions à base de boulettes de viande et de saucisse, la gêne s'installe avec ses gros sabots. Un sentiment qui lui domine le film dès le générique.


Faut pas lui dire qu'il y a comme un malaise ?

Les premières notes et la scène d'ouverture façon « dessin animé ringard » plantent le décor. Ce film n'a pas le budget du dernier "Star Wars" ou même d'un épisode de "Westworld", soyez prévenus. Les scènes s'enchaînent sans réelle cohérence ou rythme. Le montage, dans sa vision d'ensemble, donne quelque chose d'en réalité très saccadé. Cela sent fortement l'amateurisme, le projet de fin d'étude d'étudiant en cinéma ou encore le téléfilm de commande signé M6. C'est lourd, rarement drôle et largement pompé sur tout ce qui a déjà marché précédemment ("Les Gazelles", "Sous les jupes des filles").


Jenifer, (petite) révélation

Pour sauver le naufrage inévitable, "Faut pas lui dire" peut cependant compter sur son petit casting. Et non, si le grand public ne cesse de la confondre avec la célèbre connasse Camille Cottin, c'est bien Camille Chamoux qui porte le film. Même répondant, même voix nasillarde. Son rôle, sans grandeur, ne lui laisse cependant pas l'occasion d'être une réelle respiration comique à l'instar de son rôle dans les Gazelles cité plus haut. Mais n'empêche pas l'actrice d'être un cran au-dessus de ses collègues.

A noter la présence de Jenifer Bartoli, bien décidée à percer son trou (hum hum) dans le monde du grand écran. Si sa performance dans "Les Francis" n'avait rien de mémorable, elle reste une petite révélation plus que surprenante. Sans forcément mériter sa nomination aux César, son timbre parfaitement rauque et posé ainsi que son personnage faussement antipathique en font un vrai atout charme. A surveiller donc…

Auteure :Mélissa Chevreuil
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