19 septembre 2020
Critiques

First Love : L’hymne à la joie selon Takashi Miike

Par Victor Van De Kadsye

Toujours pas remis de la surconsommation de la fête de la Saint-Sylvestre ? Mal de tête colossal après avoir bu trop de coupes de champagne que tu croyais être du Champony ? La seule solution : te caler devant le feu d'artifice inaugurant la décennie 2020 avec classe et panache. Ce spectacle, c'est "First Love" ou le retour tout en splendeur de Takashi Miike sur le grand écran. Ça décape, ça tire de partout et ça émeut beaucoup aussi.

Vendue comme une oeuvre à la Tarantino, "First Love" s'éloigne pourtant des oeuvres cultes de Quentin auquel on le compare. Si les deux cinéastes ont un goût pour une violence décomplexée et jusqu'au boutiste, on parle tout de même du monsieur qui nous a terrorisé avec une audition et du fil de fer, "First Love" ne s'inscrit pas dans l'intention de réinventer un genre.

Pourtant, le film pourrait commencer comme l'arc narratif de Butch (Bruce Willis) dans "Pulp Fiction". Un jeune boxeur, promis comme une star montante, se voit condamné par l'annonce soudaine d'une tumeur au cerveau. Dépité, ses errances nocturnes dans les rues se voient brusquées par la rencontre d'une jeune femme traitée comme un appât par plusieurs organisations criminelles. Tous ces destins croisés, tels des personnages de film-noir, vont servir à Takashi Miike l'opportunité de se faire plaisir à l'écran.

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Car voilà, Miike n'est pas dans une attitude post-moderniste comme peut l'être son homologue américain. Lui, ce qu'il veut, c'est juste se servir d'archétypes du cinéma (un peu comme l'a fait Diao Yinan dans "Le Lac aux Oies Sauvages" récemment) et les inclure dans un terrain de jeu mortel. Il suffit de voir le climax final : vous prenez l'acte final du "Equalizer" d'Antoine Fuqua sauf que ce n'est pas un seul Denzel Washington contre tout un gang dans un magasin de bricolage. Ici, c'est un immense "Battle Royale" d'une vingtaine de minutes où c'est chacun pour soi et propice à tous les excès sanguinolents. Takashi Miike s'amuse comme un fou tout en rendant hommage solennellement aux mythes, dont on retiendra notamment la nonchalance d'un chef Yakuza, élément-clé du film.

Il ne faut pas chercher plus loin dans "First Love" qui, par son optimisme bon-enfant, est un spectacle divertissant. C'est un cri d'amour au cinéma d'exploitation, à ces séries B voire Z qui savaient être sans concession. Vos premières sensations fortes cinématographiques de l'année, vous les trouverez dans ce film.


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