6 décembre 2021
Critiques

Flag Day : Drapeau en berne

Par Alexia Graziani

Sean Penn reprend sa casquette de réalisateur, en plus de celle de rôle principal, dans son 7ème film, "Flag Day". Ce dernier est sorti dans les salles obscures le 29 septembre 2021. Présenté en compétition au Festival de Cannes, "Flag Day" signe encore un échec pour l’acteur-réalisateur.

D’après l’autobiographie de Jennyfer Vogel (interprétée par Dylan Penn), "Flag Day" revient sur l’enfance de celle-ci, qui voue une admiration sans bornes à son père, John. Elle ignore cependant qu’il mène une double vie de criminel. Il fut d’abord faussaire, puis braqueur de banque. Devenue journaliste, Jennifer doit enquêter sur l’une des plus grandes opérations de fausse monnaie dans l’histoire américaine. Une opération frauduleuse commise par son propre père. La relation père-fille sera alors mise à rude épreuve.

Dans ce thriller biographique, il serait judicieux d’enlever le mot thriller pour ne garder que le terme biographique. Sans réelle tension palpable, "Flag Day" ne réussit qu’à raconter une histoire intime. Aussi émouvante et puissance soit-elle. Au mieux, le film rentrerait plus dans la catégorie comédie dramatique.

Autre point à soulever : la performance de Dylan Penn qui ne brille pas tellement par son interprétation. On a du mal à comprendre son jeu avec un problème de dosage des émotions, allant même jusqu’à l’insipidité à certains moments. La relation père/fille ne produit donc pas d’étincelles (alors qu’ils le sont dans la vraie vie).

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Sean Penn - Copyright Metro-Goldwyn-Mayer Pictures Inc

Néanmoins, laissons-lui le bénéfice du doute. Sa carrière n’est que toute récente (ce n’est que son 3e film) et ce n’est peut-être pas une bonne chose d’être dirigée par son paternel.

Pour autant, tout n’est pas à jeter dans ce film. La prestation de Sean Penn est incroyable dans le rôle de ce père, un homme vulnérable qui ne trouve pas sa place dans le monde. Il incarne remarquablement bien l’aura de ce film, celui d’un homme qui cherche la liberté que les hommes libres n’arrivent pas à atteindre.

Le reste se tient aussi. On fait face à des paysages somptueux (le tournage s’est déroulé dans la province du Manitoba au Canada), une belle photographie, le film étant tourné en 16 mm sur de la pellicule Kodak, avec des objectifs anciens. Concernant ce choix, Sean Penn le justifiait : « J’ai toujours aimé le grain du 16 mm. Quoi qu’on fasse, l’image numérique n’a pas ce côté vivant, qui donne l’impression que le temps passe. Donc, plutôt que de tourner en numérique et d’imposer au film un look trafiqué, on est directement allés à la source. ».

Les costumes, la musique, tout est fait pour nous envelopper dans cette ambiance années 80. Malheureusement, ce n’est pas encore assez pour nous faire apprécier "Flag Day" à sa juste valeur.

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