8 décembre 2019
Critiques

Fury : Bienvenue en enfer !

Voilà plusieurs semaines que la bande annonce du film de guerre, "Fury" de David Ayer inonde la toile. Un film qui comporte: Brad Pitt, un tank et 300 nazis. Mais l'essentiel n'est pas là. "Fury" tient son nom du tank qui est au coeur de l'histoire. Mais ce n'est pas la machine qui est le plus important, ce sont les hommes qui sont à l'intérieur. Cinq hommes qui font route sur Berlin en Avril 1945. Cinq hommes aux personnalités différentes mais toutes marquées par la guerre.


C'est cette histoire d'hommes qui est réellement au centre du film de David Ayer. Le réalisateur de "Sabotage" ou de "Au bout de la nuit", a choisi un angle d'attaque bien précis. Les effets de la guerre sur les hommes. Une sorte de décente aux enfers pour les uns, de parcours initiatique pour d'autres. Un sujet illustré notamment par le petit jeune de la bande, Norman (Logan Lerman), qui se retrouve dans un tank à devoir tuer des allemand, lui qui été destiné à la dactylo. Parmi les autres acteurs à l'affiche, il faut citer Shia Laboeuf qui trouve ici un rôle discret, mais qui constitue un maillon fort de cette histoire d'hommes.


Le leader de ces soldats en pays ennemi, c'est la tête d'affiche, un certain Wardaddy alias Brad Pitt. Il ne fait aucun doute que l'acteur américain, qui est aussi producteur sur ce film, est le point fort de ce film. Son personnage et son interprétation donnent le ton de "Fury". Un film où l'intérêt n'est pas de compter les morts, où il n'est pas question de montrer des héros, mais de mettre en exergue un homme ordinaire devenu soldat et engagé dans une guerre qui semble ne jamais finir.


La période choisie par David Ayer est d'ailleurs à souligner. Pas question ici d'évoquer les grands moments de la guerre et donc de grandes mises en scène. "Fury" se situe dans les dernières semaines de la guerre, dans une Allemagne qui envoie ses dernières forces faces à des américains qui ont hâte que ça se termine.


Si "Fury" est bien un film d'action, un « war movie » qui est proche du blockbuster, le conflit mis en scène est plus moribond que spectaculaire. Cela se ressent d'ailleurs dans le traitement de l'image, avec un ton assez froid. Quant à la mise en scène, là encore David Ayer ne se situe pas dans la lignée des films de guerre tels que "Il faut sauver le soldat Ryan" de Spielberg ou bien encore "La Chute du Faucon Noir" de Ridley Scott. Le choix de ne pas porter ces hommes en héros amène tout de même un manque de supplément d'âme, ce fameux petit plus qui vous pourrez vous laisser coller à votre siège n'est pas présent. Seule la dernière bataille penche de ce coté-là, mais le traitement surréaliste des effets spéciaux, avec des coups de feu ressemblant à des tirs au pistolet laser façon "Star Wars", marque la volonté de ne pas en faire une scène épique.


C'est par le parcours de ces cinq soldats, de ces hommes unis par « le meilleur métier du monde » que le film porte le spectateur. "Fury" n'apporte rien de révolutionnaire ou de spectaculaire, mais David Ayer a le mérite de proposer un film de guerre différent, en y mettant du soin, notamment avec un casting juste et efficace. C'est tout ce qui a à retenir de ce film.

Auteur :François Bour
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