16 octobre 2021
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Gainsbourg : La critique

"Gainsbourg : vie héroique". Pourquoi pas, mais en quoi ?? Le film n'y réponds pas vraiment (et apparemment cela ne d"érange personne...). Certes parler du "mythe" Gainsbourg n'est pas chose aisée, notamment parce que l'expliquer revient à tenter de comprendre celui de la cité d'Atlantis... Mais ce qui échappe au traitement du réalisateur est le côté poétique, sensible (voire sensitif) et angoissé de Ginzburg-Gainsbourg (voire Gainsbarre), lui qui souhaitait pourtant raconter le personnage sous l'angle du conte...

Alors oui on peut parler de conte pour ce film parce qu'apparaissent 2 figures singulières (et somme toute très originales) : la "Gueule" (celui du Juif des années 40 mais aussi celle du petit lucien, qui atteindra à l'âge adulte la quasi dismorphophobie... qu'il saura mettre en scène avec élégance) et l'autre figure "sans nom", le double/démon qui hantera (?) et va mettre en scène Ginzburg, Gainsbourg et excellera en Gainsbarre...

Ces personnages plus vrais que nature (encore une manifestations remarquable du travail très pointu de mise en scène et sur la photographie...) seront l'occasion pour Sfar de construire son univers quasi onirique (fait d'écho à l'univers propre du réalisateur, créateur de la BD Petit Vampire et auteur de pochettes du groupe Dyonisos notamment pour Tes lacets sont des fées... et dont le chanteur, Matthias Malzieu, fera une très discrète apparition dans le film... La boucle est bouclée).

"Gainsbourg : vie héroique" n'échoue cependant pas (complétement) et innove même, en exploitant une dominante essentielle du personnage Gainsbourg : le travestissement ! Celui des corps dans le club où il joue et rencontre Boris Vian (puis au fur et à mesure les grands artistes et amis qui l'entoureront comme Grecco...) et évidemment celui de Ginzburg en Gainsbourg et ainsi de suite, indéfiniment (pour exemple la pochette de Love and the beat). Sans compter bien sûr la performance indescriptible (et saisissante de "réalité") des différents acteurs et notamment celle Eric Elmosnino, qui incarne l'essence Gainsbourg (le mimétisme en est troublant et atteint son paroxysme avec Gains... barre ?).

Le film de Joann Sfar par ses lacunes montre à quel point il est difficile d'aborder le mythe de ce très grand homme (comme tout mythe), et n'a d'ailleurs pas la prétention d'en apporter UNE vision précise, exacte. Son oeuvre se présente comme la recherche d'une captation de l'essence du personnage (et de la gestuelle)... Ce qui en fait sa force.

Auteure :Sabrina Blondel
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