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Gatsby le Magnifique : DiCaprio au sommet

Prenez d'un côté Baz Luhrmann, réalisateur mythique de "Moulin Rouge". De l'autre, Leonardo DiCaprio, étoile parmi les étoiles à Hollywood. Secouez le tout, et vous obtiendrez une ouverture du 66ème Festival Cannes des plus réussies. Sorti mercredi, "Gatsby le Magnifique", adaptation du roman de F. Scott Fitzgerald paru en 1925, a déjà des airs de succès mondial.

De manière simpliste, on pourrait affirmer que cette nouvelle version de Gatsby au cinéma (après celle sortie en 1974 avec Robert Redford dans le rôle titre) se résume à la version bling-bling d'un roman reconnu comme mythique outre-Atlantique.

Il faut dire que Baz Luhrmann fait rarement dans la demi-mesure, et d'ailleurs même sans le savoir, quiconque aurait vu "Moulin Rouge" aurait remarqué la patte du réalisateur dans "Gatsby". Cette manière si particulière de filmer (aidée aujourd'hui par des effets numériques grandioses), de cadrer l'image, de régler ses scènes comme un ballet, où l'esthétique prime, mais jamais au détriment du jeu d'acteurs ou du rythme.

En fait, ce Gatsby 2.0, ambiancé grâce à une bande-son lourde et entraînante (tamponnée par le célèbre rappeur US Jay-Z), est plus complexe qu'il n'y paraît.

La première partie du film met (seulement) en scène Nick Carraway, interprété par Tobey Maguire (Spiderman), qui va nous raconter l'histoire du fameux Gatsby. Au début des années 1920, Nick Carraway est un jeune homme originaire du Middle West qui approche la trentaine.

Sans le sou, il décide un jour de tenter sa chance pour travailler à New York dans la finance, à une époque où les Etats-Unis de l'entre-deux guerres sont triomphants et tous les excès sont permis. Il s'installe alors à côté de Jay Gatsby, un homme classe, richissime et mystérieux, connu pour donner de magnifiques réceptions dans son immense château, où le tout New-York se presse.

Voilà pour le pitch, en dévoiler davantage serait une erreur car c'est bien le personnage énigmatique de Gatsby qui entretient tous les fantasmes à son sujet. Qui est-il ? D'où provient sa fortune ? Pourquoi organise-t-il  de telles réceptions ? Dans quel but ?

Les réponses à ces questions sont l'essence même du film… Jay-Z déclarait même la semaine passée dans la presse : « L'important n'est pas de savoir d'où provient son argent, mais est-ce qu'il est un homme bien ? »

L'Australien Baz Luhrmann a voulu réaliser une nouvelle version de Gatsby afin de mieux dévoiler la personnalité de ce héros méconnu. Sans finalement trop s'écarter de celui sorti en 1974, il s'efforce de situer avec précision le parcours de Gatsby, à coups de flashbacks bien sentis.

Avoir choisi Leonardo DiCaprio (après une première collaboration remarquée dans "Romeo + Juliette" en 1996) semble être déjà un pari (peu risqué) mais réussi. A presque 40 ans, l'acteur américain n'a peut-être jamais semblé aussi solaire que dans "Gatsby".

Lorsqu'il apparaît à l'écran après de longues minutes, le film prend réellement son envol. L'intrigue s'éclaircit, l'histoire d'amour prend tout son sens et le jeu des acteurs fonctionne.

Si, à l'inverse, le virage que prend le film pour virer vers une relation amoureuse impossible, a donné du grain à moudre aux détracteurs (histoire à l'eau de rose, procédés narratifs éculés, lenteur du rythme, incompatibilité entre l'univers de Luhrmann et celui de F. Scott Fitzgerald) "Gatsby le Magnifique" est pourtant une réussite à plus d'un titre. Sous ses airs de comédie musicale, le cinquième film de Baz Luhrmann ne laissera personne indifférent.

Auteur :Pierre-Gérad Lespinasse

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