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Get Carter avec Sylvester Stallone : La critique

Auparavant réalisateur d'un "Suicide Club" (1997) avec Keanu Reeves, Stephen Kay s'est attelé ici à remettre au goût du jour "Get Carter" (ou "La loi du milieu, 1971), un classique du polar britannique réalisé par Mike Hodges, lui-même s'étant inspiré d'un roman de Ted Lewis.

Après ses exploits de "Driven", Sylvester Stallone succède à Michael Caine qui en accédant à un rôle secondaire, fait en quelque sorte la jonction entre les deux versions.

Il semble évident que l'on ne tombera pas sur une intrigue originale car il ne s'agit là que d'un remake. Le seul intérêt du film résidant dans la prestation de Sylvester Stallone qui a démontré par le passé qu'il pouvait être un grand acteur, que ce soit pour le premier "Rocky" (1976) ou plus récemment pour "Copland" (1996).

A la différence de l'original où Michael Caine incarnait un tueur professionnel à la froideur exemplaire, le comédien compose un Jack Carter différent, moins glacial, plus humain mais tout aussi élégant.

C'est donc dans ce personnage obsédé par la mort de son frère qu'il a ajouté sa touche personnelle : une brute certes mais vieillissante et dotée d'une certaine sensibilité qui aspire à la réconciliation avec ses proches. D'ailleurs, les meilleures scènes se déroulent entre Carter et sa nièce jouée par Rachel Leigh Cook. Ces passages demeurant la seule lueur d'émotion du récit.

Quant à Mickey Rourke, que l'on a connu moins transparent, il traîne péniblement sa mine de mauvais garçon et échange de courts dialogues puis enfin des coups avec son adversaire. En outre, on adhère difficilement à cet affrontement prémédité et cela malgré un curieux rebondissement final.

De ce long métrage, on retiendra donc que le réalisateur ne parvient pas à installer une véritable ambiance de film noir comme l'avait fait Mike Hodges, s'inscrivant plutôt dans une mode de polar survitaminé. Il se contente d'aligner de banales scènes d'action, rythmées par une bande son nerveuse et parfois appuyées d'effets de style.

De son côté, Sylvester Stallone devrait songer à se tourner vers des rôles plus sobres si il veut espérer relancer une carrière sérieusement amochée. "Get Carter" aurait peut être eu sa chance dans les années 80, mais il semblerait qu'il arrive avec une décennie de retard.

Auteur : Fabien Rousseau


Publiée avec l'aimable autorisation de la rédaction des Héros de l'Ecran 
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