Critiques

Gibraltar : Trop académique

Une nouvelle fois inspiré de faits réels, Julien Leclerq part cette fois-ci, avec "Gibraltar", à l'assaut du trafic de drogue au travers d'un polar appelé à être réaliste. D'emblée, on retrouve l'ambiance froide reconnaissable aux trois longs métrages du réalisateur français. Un paradoxe pour le lieu où se déroule l'intrigue, qui comme "L'Assaut", est un endroit où la chaleur, voire la moiteur, règnent en maîtres. Une teinte sombre comme premier indice visant à faire rentrer le spectateur dans une intrigue noire et sous tension.

Porté par un trio d'acteurs aux fortunes diverses (Gilles Lellouche en père poule, Tahar Rahim en flic politisé sans charisme et Riccardo Scamarcio grimé en narco trafiquant), "Gibraltar" déçoit surtout par le manque d'ambition de son histoire portée à l'écran. Assez invraisemblable, la narration est ici marqué par le sceau de l'hermétisme tant il est difficile pour le spectateur d'adhérer à une émotion vulgarisée et mal incarnée. De la tension, il n'y en aura jamais, l'ensemble est linéaire, et les rares scènes d'action sont trop téléphonées et vite oubliables.

Si, derrière sa caméra, Julien Leclerq semble capter un téléfilm sous filtres, ses acteurs passés devant n'inspirent guère mieux. Gilles Lellouche n'est que dans la resucée d'un personnage peu captivant et déjà-vu, Tahar Rahim est largement dispensable tandis que Riccardo Scamarcio et sa belle gueule offrent autant à voir qu'à savourer. Affaiblis par des dialogues académiques, "Gibraltar" n'est pas le polar suffocant espéré, mais plus un drame humain poussé dans ses retranchements et dont la verve n'a d'égale que le rythme, c'est-à-dire, bien peu.

Auteur :Christopher RamonéTous nos contenus sur "Gibraltar" Toutes les critiques de "Christopher Ramoné"

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