22 février 2019
Critiques

Glass : The house that Night destroyed

La critique du film Glass

Par Amaury Foucart


Dix-neuf ans après "Incassable" et dans la foulée de "Split", sorti en 2017, M. Night Shyamalan réunit les personnages du premier film et l’anti-héros du second, dans un crossover où se met en abîme son cinéma fondé sur la croyance et la force de suggestion.

Un essai cinématographique prodigieux qui, dans une veine beaucoup plus explicitement théorique, poursuit l’entreprise de décontraction du genre super-héroïque déjà amorcée dans les précédents volets de cette trilogie. C’est brillant, ludique et parfois totalement inattendu !

Davantage une oeuvre « sur » les super-héros que « de » super-héros, le long-métrage surprend tout d’abord par son minimalisme inspiré, préférant le hors-champ au spectaculaire. Partant d’un budget relativement limité, le cinéaste resserre son intrigue en une petite poignée de lieux, qu’il exploite à travers une virtuose économie de plans, où se multiplient les niveaux de lectures entre fiction, réalité et persuasion.

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Bruce Willis de retour dans le film Glass

Par exemple, en ce qui concerte l’existence, ou non, des super-héros et/ou super-vilains « ordinaires » que pensent être David, Kevin et Elijah (Bruce Willis, James McAvoy et Samuel L. Jackson), le doute persiste durant une majeure partie du scénario où nos trois personnages, en bien mauvaise posture dans un asile, sont confrontés à une psychiatre qui les diagnostique fous.

Un jeu avec le spectateur commence alors sur ce que nous devons croire ou non. En qui doit-on avoir confiance ? Lequel est le plus fou entre ces trois « patients » et cette psychiatre quasi-conspirationniste envers la culture du comics ? Est-ce que la mise en scène elle-même nous joue aussi des tours ?

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M. Night Shyamalan

Puisque nous sommes chez Shyamalan, la réponse est évidemment oui. Le film déploie un nombre incalculable de feintes, de fausses pistes, tout en jouant ouvertement avec les différents poncifs des bandes dessinées, notamment par le biais de Samuel L. Jackson, qui en propose par ailleurs une dissection tout à fait originale sur un parking, lieu d’action le plus conventionnel où sont censés se battre les héros et leurs ennemis.

À une époque où Marvel et DC multiplie à la chaine des blockbusters de plus en plus impressionnants, M. Night Shyamalan, lui, prend le contre-pied du genre en en proposant une relecture audacieuse, invraisemblablement culottée même, dans un "Glass" complètement ramassé et désenchanté. À mon sens le meilleur le film de cet auteur depuis "Le Village".

Cette critique était intéressante ? Voilà qui devrait également retenir votre attention. Le film "Glass" était au sommaire de l'émission proposée par Les Aventuriers des Salles Obscures, le 19 janvier. En voici le replay :



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