Critiques

Godzilla vs Kong : Qui est le plus fort ?

Par François Bour


Quatre ans après l’annonce de leur confrontation dans la scène post-générique de "Kong : Skull Island", la rencontre entre Godzilla et Kong a enfin lieu. Pour ce nouveau combat de titans, la recette reste identique : de la surenchère visuelle dans un récit archaïque.

Autant donner la réponse à la question tout de suite. Le personnage le plus fort du film n’est pas un monstre, mais une petite fille nommée Jia. Sourde et muette, l’enfant incarne la seule part d’humanité et d’émotion du film. Et c’est bien elle la plus courageuse. L’humanité n’est, en vérité, pas vraiment présente dans un film comme "Godzilla vs Kong". Le long-métrage, réalisé par Adam Wingard, est un film de monstres avec en son centre une rivalité ancestrale entre deux apex prédateurs. Le titre du film parle de lui-même, c’est un avant tout la mise en scène d’un combat et le spectateur doit savoir qui gagne à la fin. « Je veux qu’ils sortent du mien en sachant qui a gagné », confiait le cinéaste américain lors d’une interview.

Un final dans la continuité

Alors pour un combat entre deux monstres sacrés, il faut des scènes spectaculaires. La surenchère visuelle est donc un passage obligé pour ce type de blockbuster. De ce point de vue, il faut reconnaître la qualité visuelle des effets spéciaux d’un film qui va vous offrir une première confrontation sur un porte-avions. "Godzilla vs Kong" a bien les ingrédients d’un spectacle visuel accompagné d’une poignée de pop-corn. Pour les amateurs des films de Godzilla ou de Kong le spectacle attendu sera au rendez-vous. Un spectacle final dans la lignée des précédents.

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"Godzilla vs Kong" est en effet le dernier volet du « monster verse ». Une franchise centrée sur Godzilla et King Kong débutée en 2014 avec le reboot Godzilla. Le deuxième film est "Kong : Skull Island" (2017) et le troisième "Godzilla 2 — Roi des Monstres" (2019). S’il y a bien, dans cette franchise, une caractéristique que l’on retrouve une fois de plus dans ce dernier volet, c’est l’absence de perspectives humaines. Sans oublier des personnages secondaires caricaturaux dispensables.

Une surenchère visuelle sans émotion

Godzilla seul, Kong seul, ou les deux réunis, les combats se veulent toujours plus impressionnants, mais sans jamais tenir compte de l’impact humain des catastrophes engendrées. Ce manque de considération humaine permet d’installer les combats dans un cadre plus spectaculaire et d’offrir par ce biais un spectacle plus démesuré.

Alors oui, le personnage le plus marquant de ce film n’est pas un monstre, mais une petite fille qui parvient à tenir debout entre les deux monstres sacrés. C’est ici la seule touche d’originalité pour ne pas dire d’intelligence d’un scénario qui va jusqu’à donner une hache à Kong. Il fallait en effet démontrer l’ouverture du combat final entre un roi délétère la hache de guerre pour se confronter à son éternel rival. Enfin, il ne faut pas oublier le rôle de l’homme et sa quête de suprématie. Là encore, un élément scénaristique vu et revu quand il s’agit de monstres à l’écran. Avec l’éternelle morale, le monstre n’est pas toujours celui que l’on croit.

C’est dire, si une fois de plus, le récit proposé par "Godzilla vs Kong" n’est finalement qu’un accessoire au service d’un spectacle visuel. Les amateurs du genre seront, sans doute, satisfaits, mais il faut espérer que les réalisateurs et les scénaristes chercheront un jour à procurer autant d’émotion que de spectacle dans ce genre de film.



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