12 juillet 2020
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Gone Baby Gone : clôt l’année en beauté

S'il existe des fans de Ben Affleck, ils savent que sa notoriété ne resplendit plus comme jadis. Depuis "Armageddon" et autre "Pearl Harbor", le beau gosse s'est systématiquement planté au box-office. Il apparaît dans des films nullissimes et la liaison qui faisait de lui l'un des hommes les plus photographié au monde finit en eau de boudin. Et si on fait le bilan, sa filmographie est souvent plus proche du raz-des-pâquerettes que du firmament.

Alors qu'est-ce qui fait qu'on attende encore quelque chose de la part de Ben Affleck ? Son « capital sympathie » ? Instauré à ses débuts dans "Will Hunting" ? Peut être. En tous cas, le savoir derrière la caméra pour "Gone Baby Gone" rassure et donne envie. Et se dire qu'il tient en joue son frère cadet Casey, vu récemment dans "L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford", est un point supplémentaire qui le rapproche du bout du tunnel. Vas-y Ben ! Vas-y !

Pour sa première réalisation, Ben Affleck mise gros. Il porte à l'écran "Gone Baby Gone", roman de Dennis Lehane, déjà connu pour l'adaptation cinématographique d'un autre de ses romans : "Mystic River". Et il décide de présenter son film en avant-première mondiale ici, en France, au Festival du Film Américain de Deauville. Un choix calculé qui annonce la couleur : "Gone Baby Gone" est avant tout un film d'auteur.

L'histoire permet aux frères Affleck de retrouver leur Boston natal, et plus particulièrement les quartiers populaires du Massachusetts. Détail intéressant qui va nourrir le personnage de Casey Affleck, puisque ce dernier connaît le quartier et ses habitants aussi bien que Patrick Kenzie.

Avec sa partenaire Michele Monaghan, ils forment un couple atypique et uni dans le travail. Faisant écho au duo Jake Gylenhaal/Chloë Sevigny de "Zodiac", le couple s'aime mais risque à tout moment de s'effondrer face à l'obstination d'un des partenaires.

Avant d'accepter le job, ils pèseront le pour et le contre de cette décision, et l'influence qu'elle aura sur leur vie. Il s'agit là de la trame essentielle du film : savoir prendre une décision dans un contexte où le bien et le mal sont difficiles à distinguer, puis l'assumer quoiqu'il arrive.

Au fur et à mesure des rencontres et des interrogatoires menés généralement autour d'une table, parfois un verre à la main, les révélations se succèdent, noircissant peu à peu un tableau déjà peu reluisant. Derrière les apparences conviviales se cachent des secrets qu'il est difficile de confier.

Et le caractère de chaque personnage va ainsi se dévoiler au fil de l'enquête. Dans ces moments là, nous sommes heureux de retrouver des acteurs qui ont une gueule et de la bouteille pour affirmer une fois de plus leur talent : Morgan Freeman et Ed Harris sont à ce titre la meilleure illustration du genre.

Toutefois, le rythme de "Gone Baby Gone" souffre quelque peu du syndrome du "Retour du Roi" (je sais, rien à voir entre les deux mais vous comprendrez…) : l'impression de toucher à la fin de l'histoire puis d'en remettre une couche, puis de retoucher à la fin avant d'en remettre une autre couche, casse le bon déroulement de l'intrigue et se traduit par un effet de longueur ici et là.

Mais le classicisme appréciable de la mise en scène estompe ce léger bémol et nous emmène dans une histoire qui n'a rien perdu de la complexité morale de l'œuvre originale.

Cette fin 2007 étant riche en polar de qualité, vous êtes donc invité à remettre le couvert une dernière fois, en espérant que 2008 sera aussi prospère en film de genre.

"Gone Baby Gone" est un grand film qui clôt l'année en beauté.

Auteur : Davy Girard

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