22 septembre 2020
Critiques

Greenland : Un film-catastrophe ordinaire

Par François Bour


"Greenland - Le dernier refuge" était un peu attendu. Au coeur d’un été cinématographique 2020 traversé par un évènement extraordinaire, ce film-catastrophe est la première grosse production américaine estivale proposée aux spectateurs.

Gerard Butler le dit lui même. « C’est un peu bizarre » d’enchainer les films qui met l’humanité à genoux. Surtout à un moment où le monde est frappé par le Covid 19. Il faut croire que l’acteur américain aime cette ambiance de fin du monde. Après "Geostorm", il incarne, cette fois, un père de famille tentant de sauver sa femme et son fils d’une fin du monde programmée. La faute à une comète nommée Clarke.

Des gaulois bien connus jureraient que le ciel leur tombe sur la tête. Rien qui puisse faire peur à Gerard Butler. D’autant plus que cette fois, il n’est pas seul. "Greenland" veut être un « Gerard Butler movie » mais l’acteur américain n’est pas omniprésent. C’est une famille ordinaire qui fait face à une situation extraordinaire.

Morena Baccarin décrit ce "Greenland" comme un long métrage qui amène « beaucoup d’émotions au milieu d’un truc énorme et fou ». Celle qui a joué dans "Deadpool" insiste : C’est bien la famille qui est au centre du film. C’est peut être l’un des points faibles de ce film. C’est un long métrage qui semble vouloir attirer un certain public, celui du badass Gerard Butler.

Ce dernier incarne pourtant un personnage lambda. N’y allez pas pour le voir jouer les héros. L’important n’est pas là, il est dans les émotions de cette famille qui fait face à la fin du monde. L’émotion d’un couple en crise qui va faire face ensemble, l’émotion d’un jeune garçon diabétique qui veut être avec son papa et sa maman.

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Gerard Butler, Morena Baccarin et Roger Dale Floyd - Copyright Metropolitan FilmExport

La fin du monde, c’est forcément propice à l’émotion et au grand spectacle visuel. Malheureusement, "Greenland" offre une prestation moyenne sur ces deux critères. Une mère séparée de force à son fils, Une fille qui doit dire au revoir à son père condamné…du classique dans un film catastrophe. Pour une émotion qui tire rapidement vers le pathos.

Un genre pour une exigence en général : un soin particulier sur les effets visuels. "Greenlandne semble pas complètement au rendez-vous du genre. Si les scènes de décors et d’actions larges sont plutôt de bonne facture, c’est lorsqu’un personnage évolue au milieu d’effets spéciaux qu’un coté « chip » se fait sentir. A la lecture du budget de 44 millions, il faut dire que le bilan moyen s’explique.

Au delà de l’aspect émotionnel et esthétique, "Greenland" tombe surtout dans le défaut majeur des blockbusters ordinaire. Le balisage du déroulement de l’histoire. Ric Roman Waugh s’applique à travers sa réalisation à montrer le chemin que va prendre l’histoire. Guider le spectateur ne semble pourtant pas indispensable dans un film catastrophe.

Pourtant ici, chacune des péripéties vécues par les protagonistes est annoncée plusieurs plans en avance. Un plan sur un objet qui tombe d’un sac, plusieurs autres sur le regard d’un personnage. Sans oublier un flash info radio qui annonce l’arrivée de météorites avant de les voir à l'écran. Autant d’exemples indiquant que quelque chose de dramatique va arriver. De quoi vous gâcher toutes surprises.

"Greenland" est présenté comme un long métrage emmené par Gerard Butler sans être un « Gerard Butler movie ». C’est aussi un film catastrophe sans surprise avec un grand spectacle pas si grand que d’autres films du genre. Est ce suffisant pour le seul blockbuster estival de l’été 2020 ?


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